Le ministre ghanéen des Affaires étrangères a averti que son pays réactivera ses évacuations si des vies sont menacées en Afrique du Sud, dans un contexte marqué par une décision judiciaire controversée sur les demandeurs d'asile.
Publié le 14 octobre 2026 à 10:21 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 08:17

"Ramener nos ressortissants chez eux en sécurité." La formule de Samuel Okudzeto Ablakwa ne laisse pas de place à l'ambiguïté. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères a prévenu, lors d'une interview sur TV3, que son gouvernement reprendra les évacuations depuis l'Afrique du Sud si des vies ghanéennes venaient à être menacées. Une précédente opération de rapatriement n'avait pas, selon lui, clos le dossier.
Pourquoi cette mise en garde maintenant ? Le contexte sud-africain s'est tendu après une décision de justice limitant les droits des demandeurs d'asile déboutés à redéposer une demande. Cette jurisprudence, déjà évoquée en mai par la presse ouest-africaine, a ravivé les inquiétudes sur le traitement des ressortissants étrangers en Afrique du Sud, dans un pays où les vagues de violences anti-immigrés ont déjà fait les gros titres à plusieurs reprises ces dernières années.
Ablakwa assure que le bureau consulaire ghanéen "suit chaque situation, en particulier celle des Ghanéens en détresse", et que le gouvernement agira rapidement si nécessaire. Pas d'annonce d'évacuation immédiate, mais une posture claire : Accra ne veut plus être pris au dépourvu.
Cette histoire dépasse largement le Ghana. Elle pose une question que presque tous les pays d'Afrique de l'Ouest se posent en silence : que doit un État à ses citoyens quand ils travaillent, étudient ou vivent dans un autre pays africain devenu hostile ? La libre circulation africaine, promesse récurrente des sommets continentaux, se heurte régulièrement à ce genre de réalité sur le terrain, loin des discours officiels sur l'intégration.
D'ici 2050, une Afrique qui veut vraiment faire circuler ses citoyens entre ses propres frontières devra d'abord régler ce paradoxe : comment protéger sa diaspora intra-africaine sans attendre qu'elle soit en danger pour agir ? Le Ghana, en tout cas, a choisi d'annoncer sa réponse avant la crise, pas pendant.
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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