Depuis New York, le président John Mahama a annoncé son intention de coter dix entreprises publiques à la Bourse du Ghana, pour limiter l'ingérence politique dans leur gestion.
Publié le 29 septembre 2026 à 11:00 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 18:11

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Un président qui explique, depuis une tribune internationale, vouloir se retirer lui-même de la gestion de ses propres entreprises publiques : voilà qui n'est pas si courant en Afrique de l'Ouest. Un pari risqué.
John Dramani Mahama a annoncé, lors d'une intervention au Council on Foreign Relations en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, son intention de coter dix entreprises d'État à la Bourse du Ghana, rapporte CitiNewsroom. Selon ModernGhana, l'objectif assumé est de « rendre plus difficile pour le gouvernement d'interférer, de limoger des directions et de dissoudre des conseils d'administration ».
Le chef de l'État a rappelé, toujours selon CitiNewsroom, que ces entreprises garantissaient historiquement salaires et primes indépendamment de leurs performances réelles, avant de souligner que le secteur a récemment renoué avec un bénéfice net d'environ 19 milliards de cedis. The Rio Times relève que cette annonce s'inscrit dans une stratégie plus large de Mahama pour redresser la gouvernance économique ghanéenne, deux ans après son retour au pouvoir.
L'ingérence politique dans la gestion des entreprises publiques reste l'un des freins les plus documentés à la performance économique en Afrique : conseils d'administration remaniés à chaque alternance, recrutements clientélistes, dirigeants choisis pour leur loyauté plus que pour leur compétence.
Que le Ghana choisisse la cotation boursière comme rempart institutionnel, plutôt qu'une simple charte de bonne gouvernance, change la donne : les actionnaires minoritaires et les marchés financiers deviennent, de fait, des garde-fous supplémentaires.
D'ici 2050, les économies africaines qui auront su dépolitiser la gestion de leurs entreprises stratégiques seront celles qui auront le plus de chances d'attirer des capitaux patients, africains comme internationaux.
Cette promesse de cotation survivra-t-elle à la prochaine alternance politique au Ghana, ou rejoindra-t-elle la longue liste des réformes de gouvernance annoncées puis enterrées ?
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