Dakar exprime sa solidarité à Abdoulaye Seye, substitut du procureur de la CPI visé par de nouvelles sanctions américaines, et y voit une atteinte à l'indépendance de la justice internationale.
Publié le 21 août 2026 à 17:01 — mis à jour le 21 septembre 2026 à 01:16

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C'est un juriste sénégalais que Washington vient, une nouvelle fois, mettre dans le viseur. Le 18 août 2026, les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre plusieurs responsables de la Cour pénale internationale (CPI), dont sa présidente, la juge japonaise Tomoko Akane, et le substitut du procureur, le Sénégalais Abdoulaye Seye.
Selon le secrétaire d'État américain Marco Rubio, les personnes visées ont « participé directement aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, placer en détention ou poursuivre des responsables » de pays qui n'ont pas reconnu la compétence de la Cour, en particulier dans les dossiers liés à Israël. Les sanctions interdisent l'entrée aux États-Unis et bloquent toute transaction financière ou immobilière sur le sol américain.
Dans un communiqué publié jeudi 20 août, le ministère sénégalais des Affaires étrangères dit sa « profonde préoccupation » et exprime sa « pleine solidarité » à Abdoulaye Seye, également candidat présenté par Dakar au poste de juge de la CPI. Le Sénégal, premier État à avoir ratifié le Statut de Rome, y voit une mesure susceptible de fragiliser l'indépendance de la justice pénale internationale.
Abdoulaye Seye n'est pas un cas isolé : son compatriote Mame Mandiaye Niang, également procureur adjoint de la CPI, était déjà visé par des sanctions américaines depuis août 2025. Le Japon, l'Allemagne, la France et l'ONU ont, de leur côté, réaffirmé leur soutien à l'institution de La Haye.
Cette offensive répétée contre des magistrats africains pose une question de fond : l'Afrique doit-elle continuer de fournir des juges à une justice internationale que certaines puissances cherchent ouvertement à museler ?
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