Avec seulement 22 % de ses besoins en poisson couverts localement, le Togo lance un plan d'investissement massif dans la pêche et l'aquaculture d'ici 2028.
Publié le 14 août 2026 à 13:24 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 02:40

Ecouter l'article
78 %. C'est la part du poisson consommé au Togo qui vient de l'étranger. Un chiffre qui pèse lourd sur la balance commerciale d'un pays où le poisson reste l'une des principales sources de protéines animales. Pour inverser la tendance, Lomé a validé un plan d'action doté de 20,04 milliards FCFA, avec un objectif clair à l'horizon 2028, augmenter de 25 % la production nationale.
Le constat, documenté par le ministère en charge de l'Agriculture, est sans appel. En 2022, le pays ne produisait que 22 656 tonnes de poisson pour des besoins estimés à plus de 105 000 tonnes. Le fossé s'est creusé année après année, la demande étant passée de 86 905 tonnes en 2012 à plus de 105 000 tonnes dix ans plus tard, quand la production locale, elle, avançait au ralenti.
L'aquaculture apparaît comme le principal levier de rattrapage. Et les chiffres racontent une vraie accélération, la pisciculture togolaise est passée de 23 tonnes en 2013 à 1 568 tonnes en 2023. Une hausse spectaculaire, certes, mais qui reste encore très en dessous de ce qu'il faudrait pour combler le déficit national.
Le secteur ne se résume pas à une question alimentaire. Il représente déjà plus de 20 000 emplois directs, près de 150 000 emplois indirects et environ 4,5 % du PIB togolais. Autant dire que chaque tonne produite localement, transformée et vendue sur place, c'est une part de souveraineté économique arrachée aux importations.
À l'échelle du continent, la question dépasse largement le Togo. Combien de pays africains laissent filer leur souveraineté alimentaire faute d'avoir investi à temps dans leurs propres ressources halieutiques et agricoles ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…