Naji Issa a quitté ses fonctions sans en donner la raison, ravivant les tensions entre les autorités rivales de Tripoli et de l'Est libyen.
Publié le 13 août 2026 à 10:54 — mis à jour le 18 septembre 2026 à 01:26

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Une lettre, deux destinataires, et aucune explication. C'est ainsi que Naji Issa, gouverneur de la Banque centrale de Libye, a annoncé sa démission le 9 août 2026, dans des courriers adressés séparément à la Chambre des représentants, basée dans l'est du pays, et au Haut Conseil d'État, installé à Tripoli.
Selon Africanews, Naji Issa a confirmé l'authenticité de ces documents à la chaîne privée Al-Ahrar, sans dévoiler ses motifs, qu'il a qualifiés de sensibles. Le média Libya Observer rapporte les termes exacts de sa lettre : il y remercie les autorités pour la confiance placée en lui, tout en indiquant ne plus être en mesure de poursuivre ses fonctions.
L'enjeu dépasse la seule personne du gouverneur. D'après RFI, relayé par AllAfrica, Naji Issa avait été nommé en 2024 dans le cadre d'un compromis soutenu par l'ONU entre les deux institutions rivales, un accord qui avait mis fin à une paralysie de la production pétrolière et à une grave crise financière. Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye reste coupée en deux, avec un gouvernement reconnu par les Nations unies à l'ouest et une administration soutenue par le maréchal Khalifa Haftar à l'est.
Le président du Haut Conseil d'État, Mohamed Takala, a aussitôt demandé à Naji Issa de rester en poste, le temps de préserver, selon ses mots, la stabilité financière, économique et politique du pays. Un appel qui en dit long sur la fragilité d'une institution censée gérer les revenus pétroliers, principale richesse d'un pays aux caisses de l'État éclatées entre deux pouvoirs.
Cette démission surprise pourrait raviver une bataille que l'on croyait apaisée. La Libye peut-elle un jour stabiliser ses finances sans d'abord réconcilier ses institutions ?
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