L'ancien ministre est décédé samedi à Abidjan à 81 ans, après une longue maladie. Un parcours qui résume les fractures et les réconciliations ivoiriennes.
Publié le 19 octobre 2026 à 08:26 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 13:19

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« C'était mon grand ami, mais nous n'avons jamais vécu ensemble. » C'est ainsi que Louis-André Dacoury-Tabley parlait de Laurent Gbagbo à KOACI, en juillet 2022. Une phrase de vieil homme politique, à la fois tendre et distante, pour résumer vingt ans d'histoire commune puis de rupture.
L'ancien ministre est mort samedi 17 octobre à Abidjan, à 81 ans, des suites d'une longue maladie, rapportent KOACI et Abidjan.net. KOACI le présente comme une figure historique et un négociateur clé durant les crises successives du pays, et rappelle qu'il était, en dernier lieu, ministre-gouverneur du district autonome du Gôh-Djiboua. Aucun hommage officiel n'était publié à ce stade.
Son parcours est celui de la Côte d'Ivoire contemporaine, avec ses ruptures. Membre fondateur du Front populaire ivoirien en 1983, proche de Gbagbo, il annonce en novembre 2002, deux mois après la tentative de coup d'État du 19 septembre, son soutien au Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire, branche politique de la rébellion née de ces événements, selon Abidjan.net.
Il en devient l'un des principaux dirigeants politiques, coordinateur des relations extérieures et secrétaire adjoint, et participe aux négociations de paix, dont les accords de Ouagadougou.
Après la crise post-électorale de 2010, il entre dans les gouvernements d'Alassane Ouattara, d'abord à la Solidarité, puis aux Eaux et Forêts. Son nom apparaît sous deux orthographes dans la presse, Dacoury et Dakoury, signe d'une mémoire encore en train de se fixer.
Il faut le dire sans enjoliver. Ce parcours renvoie à des années de division, de morts et de défiance. Mais il montre aussi qu'un pays peut passer de la guerre à la table de négociation, et que certains acteurs ont traversé tous les camps.
Pour 2050, la question n'est pas de juger un homme à l'heure de sa mort. C'est de décider ce qu'on retient : le rebelle, le négociateur ou le ministre ? Et vous, que gardez-vous de cette génération qui a fait et défait la Côte d'Ivoire ?
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