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Les armées de l'air du Burkina Faso et du Niger ont mené des frappes contre le JNIM et le FLA à Gao et Sévaré après les attaques du 25 avril. C'est le premier test militaire réel de l'AES — et l'alliance a répondu.
Publié le 30 avril 2026 à 07:19 UTC+0

Pendant que Bamako pansait ses plaies après les attaques du 25 avril, deux informations sont passées presque inaperçues dans le bruit médiatique. Elles méritent pourtant toute l'attention.
Selon plusieurs sources concordantes, dont les médias pro-AES, les armées de l'air du Burkina Faso et du Niger ont mené des frappes aériennes contre les forces du JNIM et du FLA, notamment dans les zones de Gao et Sévaré, dans les jours qui ont suivi les attaques du 25 avril. Ce n'est pas une information anodine.
Depuis la création de l'Alliance des États du Sahel en 2023, la question de la solidarité militaire concrète entre les trois juntes restait ouverte. Les communiqués politiques étaient nombreux, les déclarations de fraternité aussi. Mais les actes militaires coordonnés, eux, restaient rares et peu documentés.
Si les informations sur les frappes burkinabè et nigériennes se confirment avec précision, c'est la première démonstration concrète que l'AES n'est pas uniquement une alliance politique, c'est une alliance militaire opérationnelle.
Abdoulaye Maïga, Premier ministre de la transition malienne, a été direct dans sa déclaration : «Le but de l'ennemi était de conquérir le pouvoir.» Il a insisté sur le fait que les attaques n'étaient pas des actions terroristes classiques mais une tentative coordonnée de déstabilisation du régime.
Cette lecture politique est importante. Elle permet à la junte de présenter la résistance non pas comme la victoire d'une armée contre des terroristes, mais comme la victoire d'un peuple souverain contre une tentative de coup d'État téléguidée de l'extérieur. Un récit qui consolide le discours de l'AES sur la souveraineté menacée.
Les attaques du 25 avril ont mis l'AES à l'épreuve. Elles auraient pu fragiliser l'alliance si chaque pays s'était replié sur lui-même. La réponse (si elle est confirmée) suggère l'inverse : une solidarité militaire réelle, une coordination opérationnelle, un front commun face à l'ennemi désigné.
Pour les trois juntes, c'est aussi une opportunité politique : montrer à leurs populations que leur rupture avec la CEDEAO et leur rejet de l'architecture de sécurité traditionnelle ne les a pas laissés seuls. Qu'ils ont construit quelque chose de nouveau. Que ça tient.
L'avenir de l'AES se jouera dans les prochains mois. Mais le 25 avril 2026 aura été son premier vrai test grandeur nature.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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