L'armée malienne, appuyée par les paramilitaires russes d'Africa Corps, est entrée dans Kidal après le retrait des rebelles touareg du FLA. Un symbole, pas une paix.
Publié le 8 octobre 2026 à 12:05 — mis à jour le 8 octobre 2026 à 20:15

Ecouter l'article
Pas un coup de feu. Juste une ville vide, et un drapeau qui change de camp. Mardi 6 octobre, l'armée malienne est entrée dans Kidal, bastion historique de la rébellion touareg dans le nord du pays, selon France 24 et Boursorama.
Les rebelles du Front de libération de l'Azawad (FLA) ont quitté la ville sans affrontement direct, une manœuvre qu'ils présentent, selon plusieurs médias dont Africtelegraph, comme un « repli stratégique » plutôt qu'une défaite. Sur le terrain, les paramilitaires russes d'Africa Corps ont appuyé les troupes maliennes dans cette offensive, poursuivant un partenariat militaire scellé depuis le départ des forces françaises et onusiennes du Mali.
Kidal n'est pas une ville comme les autres. Reprise, perdue, puis reprise encore depuis plus d'une décennie, elle est devenue le symbole même de l'échec des accords de paix signés en 2015. Sa chute aux mains de Bamako en 2023 avait déjà marqué un tournant ; ce nouvel épisode confirme que les groupes armés du Nord n'ont plus la capacité de tenir un territoire face à une armée désormais soutenue par Moscou.
Mais une ville reprise n'est pas une paix retrouvée. Des organisations de défense des droits humains continuent de documenter des accusations d'exactions contre des civils, attribuées à la fois aux forces maliennes et aux combattants russes, dans cette zone où l'accès des journalistes indépendants reste extrêmement limité.
Pour le Sahel tout entier, ce qui se joue à Kidal dépasse le Mali : c'est la question de savoir si la sécurité achetée à coups de partenariats militaires étrangers peut un jour se transformer en État qui gouverne, et pas seulement en État qui occupe.
La ville a changé de mains. A-t-elle changé d'avenir ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…