La Cour d'appel de Bamako a condamné, le 17 août 2026, le chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily et l'influenceuse Rokia Doumbia à dix ans de réclusion criminelle, dont trois avec sursis.
Publié le 19 août 2026 à 15:45 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 07:28

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Le verdict était attendu depuis des mois, il est tombé sans surprise mais avec sa part de gravité. Ce lundi 17 août 2026, la chambre criminelle de la Cour d'appel de Bamako a condamné le chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily, plus connu sous le nom de Ras Bath, et l'influenceuse Rokia Doumbia, dite « Rose La Vie chère », à dix ans de réclusion criminelle chacun, dont trois assortis du sursis, ainsi qu'à une amende de 240 000 francs CFA.
Les deux figures publiques, en détention depuis mars 2023, étaient poursuivies pour association de malfaiteurs et atteinte au crédit de l'État par le biais des technologies de l'information et de la communication. L'affaire trouve son origine dans une émission diffusée en 2023 par Ras Bath, consacrée à la hausse des prix et aux difficultés économiques des Maliens, à laquelle Rokia Doumbia avait participé à deux reprises. Le tribunal a produit des échanges WhatsApp entre les deux accusés pour établir leur association.
Animateur radio très suivi par la jeunesse malienne, connu pour sa formule « choquer pour éduquer », Ras Bath est apparu très amaigri à l'ouverture de son procès le 10 août, un état physique qui a choqué l'opinion publique. Ses avocats, comme ceux de Rokia Doumbia, ont plaidé l'acquittement et annoncé un pourvoi devant la Cour suprême.
Dans un pays dirigé par une junte depuis deux coups d'État successifs, cette condamnation relance le débat sur l'espace laissé à la critique publique. Jusqu'où la parole libre peut-elle encore s'exprimer sur les ondes maliennes ?
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