La CCI de Paris rejette les 680 millions de dollars réclamés par Sunrise Power sur le barrage de Mambilla, bloqué depuis vingt ans au Nigeria.
Publié le 18 septembre 2026 à 10:40 — mis à jour le 27 septembre 2026 à 15:21

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Vingt ans que les turbines de Mambilla n'ont jamais tourné. Vingt ans de promesses, de procès et de nuits sans courant pour des millions de Nigérians. Un tribunal parisien vient peut-être de changer la donne.
Le tribunal arbitral de la Chambre de Commerce Internationale, basé à Paris, a rejeté la totalité des demandes de la société Sunrise Power dans une décision rendue publique le 17 septembre 2026, rapporte Vanguard News.
L'entreprise réclamait 680 millions de dollars, dans un litige plus large portant sur 2,7 milliards, liés au projet hydroélectrique de Mambilla, un chantier de 3960 mégawatts à l'arrêt depuis plus de deux décennies. Le tribunal a même ordonné à Sunrise Power et à son promoteur de rembourser au Nigeria environ 11,8 millions de dollars de frais juridiques, soit 75% des frais engagés par l'État. Le président Bola Tinubu, a salué une décision qui rejette des "prétentions prédatrices" et lève, selon lui, le plus grand obstacle juridique au projet.
Vingt ans, c'est le temps qu'il aura fallu pour qu'un pays de plus de 220 millions d'habitants reprenne, devant un tribunal étranger, le contrôle d'un barrage censé lui appartenir. Le Nigeria souffre de pénuries d'électricité chroniques, avec des usines qui tournent au diesel et des foyers qui rythment leur vie sur les coupures. Mambilla, si le projet sort enfin de terre, pourrait injecter dans le réseau une capacité que le pays entier ne parvient pas aujourd'hui à réunir.
L'histoire dépasse le seul Nigeria. Elle raconte une Afrique qui doit encore batailler juridiquement, pièce par pièce, pour reprendre la main sur ses propres infrastructures face à des investisseurs privés. D'ici 2050, le continent devra doubler, voire tripler sa capacité électrique pour industrialiser. Cette victoire au tribunal ne construit pas un seul mégawatt, mais elle enlève un boulet.
Combien de temps encore avant que les lumières s'allument vraiment à Mambilla, et combien d'autres projets africains restent, ailleurs, prisonniers d'un tribunal ?
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