Le Bataillon de sécurisation de l'Ouest devient Bataillon d'infanterie de montagne. À Man, l'armée ivoirienne se dote d'une unité pensée pour les crêtes du Tonkpi et sa frontière sensible.
Publié le 26 septembre 2026 à 13:13 — mis à jour le 5 octobre 2026 à 21:43

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Sur les crêtes du Tonkpi, quinze jours de manœuvres viennent de se refermer, et un nouvel étendard flotte désormais à Man. Devise inscrite dessus : debout sur les crêtes, invisible dans les vallées. Ce n'est plus une image, c'est un ordre de bataille.
Le 25 septembre, le général Lassina Doumbia, chef d'état major des Forces armées de Côte d'Ivoire, a présidé la cérémonie qui fait basculer le Bataillon de sécurisation de l'Ouest, créé en 2014, en Bataillon d'infanterie de montagne. Selon l'AIP, la nouvelle unité doit muscler les capacités des FACI dans les reliefs et les forêts de l'Ouest ivoirien, une zone frontalière avec le Liberia et la Guinée où l'armée surveille depuis des années les trafics, les groupes armés résiduels et les mouvements transfrontaliers.
L'agence ivoirienne de presse précise, dans un second papier, que le BSO cède officiellement la place au BIM, un changement de nom qui n'a rien de cosmétique : il consacre une doctrine de combat pensée pour les pentes du Tonkpi, là où roulent aussi les camions de cacao et où circule l'or artisanal. Sécuriser la montagne, c'est sécuriser une économie.
D'après Ivoireactu, l'entraînement s'est appuyé sur un exercice conjoint avec des chasseurs alpins français de la 27e brigade d'infanterie de montagne, du 7 au 17 septembre, pour harmoniser les procédures des deux armées sur ce terrain exigeant. Pour un jeune caporal ivoirien, cela ouvre une filière rare sur le continent : la guerre en altitude, ses cordes, sa logistique, ses réflexes propres.
Dans les décennies qui viennent, les zones montagneuses et forestières d'Afrique de l'Ouest resteront des points de friction entre États, ressources et groupes armés. Un bataillon spécialisé à Man dit une chose simple : la Côte d'Ivoire refuse de traiter sa frontière comme une arrière cour.
Une armée qui monte en compétence sur un territoire précis, est ce le bon calcul face à des menaces qui, elles, ne restent jamais en place ?
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