Sept mois d'instruction, dix-neuf personnes mises en cause, et une question qui plane sur tout le Maroc : combien d'autres immeubles menacent de s'effondrer sans que personne ne le sache ?
Publie le 27 juillet 2026 à 16:18 - mis a jour le 13 août 2026 à 00:46

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Sept mois ,c'est le temps qu'il aura fallu au juge d'instruction de la Cour d'appel de Fès pour boucler son enquête sur l'effondrement de deux immeubles du quartier Al Massira, en décembre dernier. Vingt-deux morts. Une vingtaine de blessés. Et, selon Le360, un dossier tout juste transmis au procureur général du Roi.
Dix-neuf personnes sont mises en cause, précise TelQuel, dont le président et le vice-président de l'arrondissement de Zouagha. Huit sont en détention provisoire depuis avril. Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia, cité par Le360, explique que l'instruction a duré si longtemps à cause du nombre de témoins à entendre, répartis en deux groupes distincts.
Mais la vraie question n'est pas judiciaire. Elle est structurelle. En mai 2025, un autre immeuble s'était déjà effondré à Fès, dans le quartier El Hassani. Dix morts. Aucune commission technique n'avait alors été mise en place, aucune base de données nationale sur les bâtiments fragiles n'avait vu le jour, rappelait déjà AllAfrica au lendemain du drame de décembre.
La loi 100.12 sur les bâtiments menaçant ruine existe. Elle est même précise. Le problème, ce n'est pas le texte. C'est son application, ou plutôt son absence, dans des quartiers où les constructions vieillissent plus vite que les contrôles.
Fès n'est pas un cas isolé sur le continent. À Touba, au Sénégal, le maire recensait cinq effondrements en deux ans. Partout, le même scénario : l'urbanisation va plus vite que la capacité de l'État à la surveiller.
Combien de familles marocaines vivent aujourd'hui sous un toit dont personne n'a vérifié la solidité ?
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