Le corps électoral marocain a perdu plus de deux millions d'inscrits en cinq ans, et les 18-24 ans ne pèsent plus que 4% des votants. Ce que révèle ce vieillissement du scrutin de 2026.
Publié le 23 septembre 2026 à 12:08 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 23:39

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Ils ont électrisé le Maroc l'an dernier avec le mouvement GenZ 212, ils ont forcé un remaniement ministériel à coups de mobilisation numérique, et pourtant l'écrasante majorité de ces jeunes ne compte plus dans les urnes. Sur la carte électorale marocaine, la tranche des 18-24 ans a fondu de moitié en cinq ans.
Le pays vote aujourd'hui pour la douzième fois depuis l'indépendance, mais avec un corps électoral métamorphosé : 15,8 millions d'inscrits, calcule Hespress, contre près de 18 millions en 2021, soit plus de deux millions d'électeurs de moins. Les 18-24 ans ne pèsent plus que 4% du total, contre 8% il y a cinq ans, tandis que les 60 ans et plus frôlent 29% des inscrits, confirme TelQuel. Sur le terrain, 1 850 listes et 7 288 candidatures se disputent 395 sièges, soit plus de 18 candidats par fauteuil, sous le regard d'observateurs du Conseil de l'Europe et de la Ligue arabe.
Le sociologue Azeddine Hannoun, cité par Le Matin, résume le paradoxe : les partis n'ont guère d'incitation électorale rationnelle à structurer leur offre autour d'une jeunesse qui préfère la rue et les réseaux sociaux aux bulletins de vote, malgré un financement public à 75% des frais de campagne pour les candidats indépendants de moins de 35 ans.
Ce vieillissement du corps électoral n'est pas propre au Maroc : du Sénégal au Nigeria, la même défiance générationnelle façonne la vie politique africaine, portée par une génération connectée mais convaincue que le pouvoir se joue ailleurs que dans l'isoloir. Une Afrique où, en 2050, plus de 40% de la population aura moins de 25 ans, ne pourra pas construire de démocraties stables sur un corps électoral qui vieillit plus vite que sa jeunesse ne s'inscrit.
Que faudra-t-il pour que cette génération marocaine choisisse enfin l'isoloir plutôt que la rue ?
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