À Tanger, un sac de bulletins déjà cochés a suffi à faire vaciller la carrière du maire PAM Mounir Laymouri, aujourd'hui visé par un mandat de recherche après avoir quitté le Maroc pour l'Espagne.
Publié le 28 septembre 2026 à 09:44 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 11:03

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Un sac de bulletins déjà cochés. Cinq gardes à vue. Un maire injoignable, quelque part entre Ceuta et l'Espagne. À Tanger, l'élection du 23 septembre vire au feuilleton judiciaire.
Le parquet de Tanger a délivré, le 27 septembre, un mandat de recherche contre Mounir Laymouri, maire de la ville et responsable provincial du Parti authenticité et modernité, selon Le360 et Hespress.
Tout part du bureau de vote de l'école Al Qods, à Casabarata : un homme y a été pris en flagrant délit avec un sac de bulletins déjà cochés en faveur du PAM, précise Hespress. Cinq personnes ont été interpellées, dont le président et l'adjoint du bureau de vote, écrit Le1.ma, qui affirme que le nom de Laymouri a été cité lors d'une audition, juste avant que les enquêteurs, venus le confronter chez lui, n'apprennent qu'il avait déjà quitté le pays.
D'après Atlasinfo, Laymouri aurait rejoint l'Espagne par le port de Ceuta dans la nuit de jeudi, où il détiendrait un titre de séjour. Son entourage assure qu'il s'agissait d'un voyage prévu de longue date, pour raisons médicales et personnelles, sans rapport avec l'enquête. Le PAM dénonce une campagne de dénigrement orchestrée, et son candidat arrivé troisième à Tanger, Abdelatif Ghelbezouri, nie tout lien avec l'homme interpellé sur place.
D'Abidjan à Dakar, des scrutins ont déjà vacillé pour un sac de bulletins ; ici, un téléphone a filmé des enveloppes suspectes glissées dans l'urne, avant que la vidéo circule sur les réseaux sociaux.
En 2050, un continent qui pèsera un habitant sur quatre de la planète ne pourra plus tolérer ces sacs de bulletins qui filent sous le manteau.
La confiance électorale vaudra alors autant que les minerais ou l'énergie : sans elle, ni les investisseurs ni la diaspora ni la jeunesse ne suivront les urnes. Le Maroc, qui vend sa stabilité comme argument régional, joue ici plus que la réputation d'un maire.
Un mandat de recherche suffira-t-il à convaincre les Marocains que la fraude, même locale, ne reste jamais impunie ?
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