Le Maroc a engrangé 97,92 milliards de dirhams de recettes touristiques à fin août 2026, un record historique qui pose une question simple : pourquoi si peu de pays africains misent-ils autant sur ce levier ?
Publié le 3 octobre 2026 à 08:14

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Un avion qui se pose, un chauffeur de taxi qui attend sous le soleil de Marrakech, une chambre d'hôtel refaite en vitesse à Ouarzazate avant l'arrivée du prochain groupe. En août 2026, cette scène s'est répétée plus de deux millions de fois en un seul mois au Maroc, du jamais vu dans l'histoire du tourisme du pays.
97,92 milliards de dirhams de recettes à fin août 2026, soit près de 9 milliards d'euros amassés en huit mois, rien qu'avec les visiteurs étrangers : c'est ce que révèle l'Office des changes, relayé par Le360. La hausse est de 9,7 % sur un an, et de 81,4 % en cinq ans. Pour donner une échelle : c'est presque le double de ce que le secteur générait en 2022.
14,1 millions de touristes ont foulé le sol marocain sur la période, confirme l'agence panafricaine APA, qui cite la ministre du Tourisme Fatim-Zahra Ammor évoquant une dynamique appelée à se poursuivre. Et Bank Al-Maghrib voit déjà plus loin : 160 milliards de dirhams projetés pour 2027.
Voilà pourquoi ce chiffre dépasse largement le Maroc. Pendant que plusieurs économies africaines restent suspendues au cours du pétrole, du cacao ou du cuivre, Rabat a fait du tourisme un pilier industriel à part entière, capable d'absorber les chocs et de créer de l'emploi massif, des guides de Ouarzazate aux hôtels de Tanger.
À l'horizon 2050, l'Afrique qui s'en sortira ne sera pas forcément celle qui a le plus de matières premières sous le sol, mais celle qui aura su vendre son ciel, ses plages, son désert et son histoire sans attendre que quelqu'un d'autre les achète en gros.
Le modèle marocain est-il reproductible ailleurs sur le continent, ou repose-t-il sur des atouts que peu de pays africains partagent ?
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