En un peu plus de deux mois, plusieurs centaines de cadres et militants ont quitté le Mouvement des Générations Capables, sans qu'aucune explication officielle ne soit donnée.
Publié le 29 août 2026 à 10:40 — mis à jour le 16 octobre 2026 à 09:38

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Un bureau fédéral vidé de ses cadres, des lettres de démission qui s'accumulent sans réponse, et une présidente qui ne dit rien. Voilà le visage du Mouvement des Générations Capables (MGC) à la fin du mois d'août 2026.
Tout a commencé fin juin, quand le professeur Klognimban Dominique Traoré, premier vice-président et porte-parole du parti, invoque des « raisons personnelles » pour quitter le navire.
Depuis, la fuite ne s'est jamais tarie.Huit membres du cabinet de Traoré, dont Konaté Ibrahim, directeur de cabinet et vice-président du district du Béré, et Gbocho Syntiche, vice-présidente chargée de la jeunesse, démissionnent collectivement le 10 août. Deux jours plus tard, Agnero Yeblé, vice-présidente du district des Lagunes, se retire à son tour. Le 17 août, la vague touche le Nord tout entier : coordonnateurs régionaux et départementaux, une trentaine de coordonnateurs fédéraux et une trentaine d'animateurs de base quittent leurs fonctions. Le 24 août, le Gôh et Abobo suivent, avec 45 militants supplémentaires, tandis que des voix se lèvent jusque dans la diaspora, aux États-Unis comme en Europe.
D'après AFRIK SOIR, le journaliste Félix Bony évalue à plusieurs centaines le nombre de responsables et militants qui ont pris leurs distances avec le parti. La direction, elle, garde un silence que rien ne vient rompre.
Pourquoi cela compte : le MGC est né dans le sillage d'une figure historique de la scène politique ivoirienne. Sa capacité à tenir debout sans implosion, à quelques mois d'échéances électorales majeures, interroge un mal plus large, celui d'une opposition ivoirienne chroniquement incapable de se structurer au-delà des egos fondateurs.
D'ici 2050, l'Afrique politique ne pourra pas se construire sur des partis taillés pour une seule personne. La relève, ou l'absence de relève, se joue maintenant, dans le silence des sièges qui se vident.
Une opposition ivoirienne fragmentée peut-elle un jour peser face à un pouvoir qui, lui, reste soudé ?
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