Sollicitée pour accueillir des migrants de pays tiers expulsés des Etats-Unis, la Côte d'Ivoire a refusé, invoquant sa souveraineté, contrairement au Liberia voisin.
Publié le 24 septembre 2026 à 09:28 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 23:46

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Un vol atterrit. La porte s'ouvre sur une passerelle inconnue, une langue qu'on ne parle pas, un pays où l'on n'a jamais mis les pieds. C'est le sort que Washington a proposé d'imposer, ces derniers mois, à des milliers de migrants originaires d'Amérique latine ou d'ailleurs, expulsés vers des nations africaines qui n'ont aucun lien avec eux. La Côte d'Ivoire a refusé d'y prêter son sol.
L'affaire dépasse largement un simple différend administratif entre Abidjan et Washington. Elle révèle jusqu'où certains Etats africains sont prêts, ou non, à monnayer leur souveraineté contre des compensations financières américaines, à l'heure où plusieurs capitales du continent cherchent à redéfinir leur rapport aux grandes puissances.
Selon une enquête menée par un consortium international de médias baptisé The Deportation Project, près de 49 pays africains auraient été sollicités depuis janvier 2025 pour recevoir des migrants de pays tiers expulsés par les Etats-Unis, soit environ 25 447 personnes concernées. D'après KOACI, Abidjan aurait décliné en juin une proposition américaine en ce sens, invoquant sa souveraineté nationale. Le média ivoirien Afrik Soir précise que le Liberia voisin, lui, a accepté d'accueillir jusqu'à 1 200 personnes contre une compensation financière, un choix qui alimente désormais la comparaison entre les deux pays.
Ce refus ivoirien s'inscrit dans un mouvement plus large de plusieurs gouvernements africains qui refusent de devenir la variable d'ajustement des politiques migratoires occidentales. Des organisations de défense des droits humains dénoncent, de leur côté, le flou juridique de ces transferts, où des personnes sans attache aucune avec le continent se retrouvent livrées à elles-mêmes, sans statut clair ni protection garantie.
D'ici 2050, l'Afrique comptera plus d'un quart de la population mondiale. Sa capacité à négocier d'égal à égal sur les questions migratoires, plutôt qu'à subir des accords imposés, dira beaucoup de la place qu'elle occupera réellement sur l'échiquier international.
Un pays africain doit-il pouvoir dire non à Washington sans en payer le prix diplomatique ?
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