L'Organisation internationale pour les migrations enregistre une chute de 59% des arrivées de migrants ouest-africains en Europe au premier semestre 2026, mais les routes de contournement, plus longues, font plus de morts.
Publié le 16 octobre 2026 à 09:27 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 17:18

Quatre mille cinq cent soixante-six personnes. C'est le nombre de migrants ouest-africains arrivés en Europe au premier semestre 2026, selon l'Organisation internationale pour les migrations. L'an dernier, à la même période, ils étaient plus de deux fois plus nombreux.
Une baisse de 59 %, confirme l'OIM dans des données publiées mardi et relayées par l'agence APA. Elle touche en particulier les ressortissants du Mali, du Sénégal, de la Guinée et de la Gambie. Mais ce chiffre encourageant cache une statistique bien plus sombre.
Sur la route atlantique qui mène aux Canaries, les arrivées ont chuté de 62 % entre 2024 et 2025, et pourtant, les morts et disparus recensés sont passés de 1 172 à 1 215 sur la même période. Moins de monde part, et pourtant, plus de monde meurt en chemin.
L'explication tient en une phrase, selon l'OIM : le renforcement des contrôles au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal pousse les points de départ plus au sud, ce qui allonge les traversées d'environ 750 kilomètres, certaines dépassant désormais 2 200 kilomètres.
Les Ouest-Africains représentent aujourd'hui 21,9 % des arrivées sur la route de la Méditerranée occidentale, contre 15,6 % auparavant, un déplacement géographique plus qu'une baisse réelle du désir de partir.
« Aucun pays ne peut résoudre ce problème à lui seul », a déclaré la directrice générale de l'OIM, Amy Pope. L'organisation appelle à ouvrir des voies migratoires sûres et à offrir davantage de perspectives aux jeunes, le vrai nœud du problème. Fermer une route n'a jamais fermé une raison de partir : le chômage, l'absence d'avenir, la comparaison permanente avec une vie meilleure vue sur un téléphone.
Si les routes deviennent plus longues et plus dangereuses à chaque contrôle renforcé, qui, au juste, protège-t-on vraiment ?
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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