L'agence de notation abaisse la note souveraine du Sénégal de Caa1 à Caa2, citant une dette publique à 108 % du PIB et l'absence prolongée d'accord avec le FMI.
Publié le 31 août 2026 à 13:11 — mis à jour le 28 septembre 2026 à 23:30

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Caa1 à Caa2. Un cran de moins, mais un signal fort envoyé aux marchés : pour Moody's, le risque de défaut du Sénégal augmente. L'agence de notation a annoncé sa décision le 28 août, en maintenant une perspective négative.
Les chiffres cités par l'agence donnent le vertige. La dette publique sénégalaise atteint environ 108 % du PIB. Les besoins de financement de l'État représentent près de 25 % de la richesse nationale produite chaque année, et le remboursement du seul principal de la dette absorbe 18 % du PIB. Plus parlant encore : les intérêts de la dette pèsent désormais 23,7 % des recettes de l'État, contre 16,1 % en 2023. Sur chaque 100 francs collectés par le Trésor, presque 24 partent uniquement pour payer des intérêts, avant même de financer une école ou un hôpital.
L'absence prolongée d'un programme avec le Fonds Monétaire International, couplée à des tensions politiques persistantes entre l'exécutif et le pouvoir législatif, pèse lourd dans ce diagnostic. Seule bonne nouvelle : l'appartenance à l'UEMOA et l'arrimage du franc CFA à l'euro limitent la casse, avec des réserves de change régionales autour de 38 milliards de dollars.
Moody's laisse une porte ouverte : un réaménagement limité de la dette, ou la conclusion d'un nouvel accord avec le FMI, pourrait stabiliser la note. À l'inverse, un échec des négociations ouvrirait la voie à une nouvelle dégradation.
Pour la jeunesse sénégalaise, qui a porté au pouvoir une alternance démocratique promettant la rupture, cette note glaciale de Moody's est un rappel brutal : gouverner autrement ne suffit pas à effacer des années d'endettement.
Peut-on vraiment rompre avec un modèle économique hérité sans, d'abord, en payer la facture ?
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