Le Mozambique lance l'Association mozambicaine d'intelligence artificielle à Maputo, avec l'ambition affichée de produire des solutions technologiques plutôt que de se limiter à les importer.
Publié le 29 août 2026 à 10:42 — mis à jour le 27 septembre 2026 à 05:53

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Pendant que Cabo Delgado se relève encore des attaques djihadistes, Maputo a inauguré ce 28 août un tout autre front : celui de l'intelligence artificielle. Lourino Chemane, président du conseil de l'Institut national des technologies de l'information et de la communication (INTIC), a présidé le lancement de l'Association mozambicaine d'intelligence artificielle (AMIA) et l'investiture de ses dirigeants.
L'ambition affichée dépasse le symbole. L'AMIA veut réunir institutions publiques, entreprises privées, universités, chercheurs, professionnels et société civile autour de solutions taillées pour les besoins réels du pays, rapporte TechAfrica News. L'initiative s'inscrit dans une stratégie plus large : le gouvernement mozambicain prépare une stratégie nationale d'intelligence artificielle censée guider son déploiement dans l'agriculture, la santé, l'éducation et l'administration publique, ainsi qu'une politique de gouvernance des données, pierre angulaire de toute ambition technologique sérieuse.
Mais l'enthousiasme s'accompagne d'un avertissement. Selon Club of Mozambique, la Confédération des associations économiques (CTA) a salué la naissance de l'AMIA tout en appelant clairement le pays à produire des solutions d'intelligence artificielle plutôt qu'à se contenter de les importer et de les consommer. Un rappel utile pour un continent souvent cantonné au rôle de marché pour des technologies conçues ailleurs. La Banque commerciale et d'investissement (BCI) a, de son côté, salué la plateforme comme un outil de partage de connaissances et de mobilisation d'investissements.
Le Mozambique, encore marqué par l'insécurité et les urgences humanitaires, choisit ainsi de ne pas attendre d'avoir tout résolu pour investir l'avenir. C'est peut-être là le vrai basculement : l'Afrique australe qui refuse de subir la révolution de l'intelligence artificielle et veut y inscrire sa propre signature technologique. D'ici 2050, ce sont les nations qui auront choisi de produire, et non seulement de consommer, qui compteront dans l'économie mondiale de la donnée.
Le Mozambique peut-il devenir un pôle d'innovation africain plutôt qu'un simple marché pour les technologies venues d'ailleurs ?
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