127 cas de fièvre aphteuse confirmés dans le sud de la Namibie ont poussé l'Union européenne à suspendre ses importations de viande fraîche, menaçant des milliers d'emplois.
Publié le 8 octobre 2026 à 12:04 — mis à jour le 8 octobre 2026 à 19:29

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Quatre lettres qui font trembler tout un pays d'éleveurs : la fièvre aphteuse. Dans la région de Kharas, au sud de la Namibie, 127 cas ont déjà été confirmés sur 15 fermes, selon AllAfrica et le quotidien The Namibian.
Les autorités namibiennes ont immédiatement renforcé les contrôles : restrictions de mouvement du bétail, barrages routiers, campagnes de dépistage, et projet de zones tampons avec clôtures frontalières. Mais la riposte sanitaire n'a pas suffi à calmer Bruxelles.
Dès le 6 octobre, l'Union européenne a suspendu les importations de viande fraîche namibienne, rapporte Africanews, une décision que confirme un second article de The Namibian consacré aux acheteurs européens déjà en train de se tourner vers d'autres fournisseurs.
Le choc économique est immédiat pour un secteur qui pèse lourd dans l'économie namibienne : l'Europe absorbe plus de 80 % des exportations de bœuf du pays, et des milliers d'emplois dépendent directement de cette filière, de l'éleveur du Karas jusqu'aux abattoirs certifiés à l'export.
C'est tout le paradoxe de l'élevage africain tourné vers l'exportation qui se révèle ici : des normes sanitaires strictes imposées par les marchés du Nord, qui protègent les consommateurs européens, mais qui peuvent aussi fermer un marché entier en quelques jours, sans que les éleveurs locaux aient eu le temps de s'adapter.
À l'horizon 2050, la Namibie, comme beaucoup de pays d'élevage du continent, devra choisir : rester dépendante d'un seul débouché lointain, ou construire les marchés régionaux et la transformation locale qui absorberaient un choc comme celui-ci sans faire vaciller toute une économie.
Combien de temps Bruxelles maintiendra-t-elle la porte fermée, et combien d'éleveurs namibiens tiendront jusque-là ?
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