La pénurie de carburant qui touchait déjà plusieurs villes a atteint la capitale dimanche. Raffinerie sous-dimensionnée, contrebande en baisse, importations : le casse-tête de Niamey.
Publié le 20 octobre 2026 à 08:13 — mis à jour le 20 octobre 2026 à 10:00

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Aïcha a fait la queue de 21 heures à 3 heures du matin pour obtenir de l'essence. À Niamey, dans un pays qui extrait 90 000 barils de brut par jour.
Dimanche 18 octobre, la pénurie qui frappait déjà d'autres villes nigériennes a atteint la capitale et ses deux millions d'habitants, jusque-là épargnés, rapporte l'AFP.
Des gérants de stations affirment que leurs cuves sont vides depuis quatre jours. Le ministère du Commerce a publié la liste des stations encore approvisionnées : prises d'assaut, elles ont été vidées en quelques heures, précise Le360 Afrique.
Comment un producteur de brut en arrive-là ? La raffinerie de Zinder, 20 000 barils par jour, ne couvre plus la demande. La Sonidep doit importer de l'essence. Et le carburant de contrebande venu du Nigeria, qui a pu fournir jusqu'à la moitié du marché, se raréfie depuis que le voisin a supprimé ses subventions, explique Bénin Web TV. Un décret du 12 octobre interdit en outre l'exportation de gasoil et de super.
Le général Abdourahamane Tiani, à la tête du régime militaire depuis juillet 2023, écarte pour l'instant toute hausse des prix. Début octobre, il a limogé sans explication le directeur général de la Sonidep. Sa remplaçante, Fatimata Marafa Salifou, a lâché cette phrase : « On dit que le Niger a le pétrole mais nous continuons de souffrir. » Un motard cité par l'AFP la prolonge à sa façon : on a annoncé la fin de la pénurie, mais on n'en voit pas le bout.
Ce qui se joue dépasse les files d'attente. La souveraineté énergétique, promesse phare des autorités de Niamey, se mesure aussi à la pompe. Un pays qui sort son brut sans pouvoir le raffiner en quantité suffisante reste dépendant de ses voisins comme de ses importations. Le Niger avait déjà connu une pénurie inédite l'an dernier.
Le Niger prépare-t-il l'après-pénurie, ou s'habitue-t-il à la voir revenir ?
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