Le comité de négociation nigérien accuse la CNPC, WAPCO et SORAZ de ne pas avoir rapatrié l'essentiel des revenus du brut. Les trois sociétés ont 45 jours pour s'exécuter.
Publié le 17 octobre 2026 à 12:37 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 08:47

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Trois mille milliards de FCFA. À l'échelle du Niger, c'est une montagne : environ 5,1 milliards de dollars de revenus du brut exporté que l'État dit n'avoir jamais vus revenir au pays.
Mardi 13 octobre, le comité de négociation sur le pétrole, présidé par le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré, a lu une déclaration à la télévision publique.
Son message aux trois sociétés du dossier, la China National Petroleum Corporation (CNPC), la West African Oil Pipeline Company (WAPCO) et la Société de raffinage de Zinder (SORAZ) : 45 jours pour corriger leurs manquements, rapporte La Nouvelle Tribune.
Les griefs sont précis. Depuis le début des exportations, en avril 2024, plus de 3 000 milliards de FCFA n'auraient pas été rapatriés ; seuls 105 milliards seraient revenus en deux ans, affirme le comité.
Il pointe aussi 45 engagements du protocole signé en mai 2026 non respectés, 558 expatriés encore en poste malgré un plan de remplacement sur quatre ans, et une raffinerie de Zinder qui tourne à 15 000 barils par jour sur 20 000 de capacité.
Selon RT France, le taux de rapatriement serait de 6 %, contre plus de 70 % en moyenne dans l'UEMOA.
Niamey ne vient pas les mains vides. Il a obtenu un accord de principe pour 45 % de WAPCO et fait baisser le tarif du pipeline vers le Bénin de 27 à 15 dollars le baril. Dans les 45 jours, il exige des déclarations corrigées, des recrutements, la certification indépendante des réserves d'Agadem et l'application de la solution proposée par la BCEAO.
En mars 2025 déjà, les dirigeants des trois sociétés avaient été sommés de quitter le pays.
Attention : ces chiffres sont ceux du comité. Les sociétés visées n'ont pas, à ce stade, présenté leur version dans les sources consultées.
Un pays qui veut sa part du pétrole est-il en train de reprendre la main, ou de fragiliser ses partenaires ? Pour 2050, la vraie question est ailleurs : qui contrôle les comptes de nos ressources ?
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