Depuis le 25 septembre, le puits Goumeri W-8, exploité par une filiale du chinois CNPC, rejette du brut et du gaz dans la région de Diffa. L’État a attendu dix-sept jours avant de parler, et se tourne vers l’Algérie pour comprendre.
Publié le 16 octobre 2026 à 13:13 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 08:16

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Un jet noir de plus de dix mètres, la hauteur d’un immeuble de trois étages. Depuis le 25 septembre, dans le désert de Diffa, le puits Goumeri W-8 crache du pétrole brut et du gaz. Deux ouvriers ont fini à l’hôpital. Trois semaines plus tard, la plaie reste ouverte.
Ce puits du bloc d’Agadem est exploité par CNPC Niger Petroleum, filiale du chinois CNPC. L’État a mis dix-sept jours à parler. Le 12 octobre, le ministère du Pétrole a reconnu un « incident environnemental d’une gravité exceptionnelle », « partiellement contenu, mais pas totalement maîtrisé », rapporte Studio Kalangou. Les puits voisins W-3 et W-4 sont eux aussi menacés, confirme l’AFP.
Combien de pétrole a fini dans le sable ? Le communiqué n’en dit rien. La télévision publique montre pourtant une nappe noire sur plusieurs centaines de mètres. Pour des troupeaux qui vivent de rares pâturages et points d’eau, ce silence pèse lourd.
Le ministre du Pétrole, Hamadou Tinni, est venu sur place avec des spécialistes de Sonatrach, la compagnie algérienne, selon le Journal du Niger. Une enquête indépendante est ouverte avec l’expertise d’Alger, précise Afrik.com. Tout un symbole : depuis 2011, le Niger produit avec un partenaire chinois. Pour comprendre la panne, il se tourne vers un voisin africain.
Goumeri devient le premier test de la souveraineté pétrolière que revendique Niamey depuis 2023.
L’enjeu dépasse Diffa. Du Sénégal à l’Ouganda, de nouveaux pays entrent dans l’ère du pétrole. D’ici 2050, une part croissante du brut mondial pourrait sortir du sol africain. Restera à savoir qui contrôle les puits, et qui paie quand ils cèdent.
Le gouvernement promet une réparation intégrale. Mais les éleveurs de Diffa, premiers voisins du puits, auront-ils leur mot à dire, ou devront-ils encore attendre dix-sept jours pour savoir ce qui coule sous leurs pieds ?
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