Le pouvoir de transition dirigé par le général Tiani annonce une baisse du prix des carburants et une offensive contre les circuits informels qui asphyxient l'approvisionnement du pays.
Publié le 11 octobre 2026 à 13:08 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 12:49

Des stations-service à sec pendant des heures, des files de motos et de taxis sous le soleil de Niamey : ce scénario devenu trop familier, le gouvernement nigérien dit vouloir l'enrayer à la racine.
Réuni en Conseil des ministres le vendredi 9 octobre sous la présidence du général Abdourahamane Tiani, chef de la transition, l'exécutif a annoncé la baisse du litre de Super de 540 à 499 FCFA, et celle du gasoil de 668 à 618 FCFA, un geste direct sur le pouvoir d'achat, dans un pays où chaque hausse du carburant pèse immédiatement sur le prix du transport et du pain.
La baisse de prix n'est que la moitié du message. Le gouvernement affirme ne vouloir "aucune action pour aggraver le coût de la vie", et attribue les tensions d'approvisionnement à des circuits informels et à des fraudes sur le carburant, selon l'Agence Nigérienne de Presse (ANP). Un comité technique doit identifier les blocages de la chaîne, et les forces de contrôle sont instruites de poursuivre fraudeurs et complices.
D'après Nigerdiaspora.net, le Conseil a examiné onze recommandations du Conseil consultatif de la Refondation, tenu les 5 et 6 octobre, et validé un décret sur le contenu local pétrolier donnant désormais la priorité aux entreprises nigériennes. ActuNiger rapporte par ailleurs l'approbation de trois conventions d'investissement représentant 10,1 milliards FCFA et 236 emplois.
Derrière les chiffres, un même fil conducteur : un pays producteur de pétrole qui refuse que sa propre ressource lui échappe par la fraude. Pour une jeunesse nigérienne précarisée, ce n'est pas théorique : chaque franc détourné par un réseau frauduleux se retrouve dans le panier des familles.
Le Sahel de 2050 ne pourra pas continuer à perdre sa richesse énergétique dans des circuits informels pendant que ses populations peinent à se déplacer. La lutte contre la fraude pétrolière n'est pas qu'une opération de police, c'est une condition de souveraineté économique pour le Niger et ses voisins.
Un comité technique et des contrôles renforcés suffiront-ils à tarir des circuits de fraude enracinés depuis des années, ou faudra-t-il une réforme plus profonde de toute la chaîne pétrolière nigérienne ?
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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