Niamey négocie une nouvelle facilité élargie de crédit de 203 millions de dollars avec le FMI, alors que les pénuries de carburant persistent dans plusieurs villes du pays.
Publié le 10 octobre 2026 à 12:31

Ecouter l'article
Un pays dirigé par une junte militaire, et un chèque de 203 millions de dollars qui attend encore une signature. Le Niger négocie une nouvelle facilité élargie de crédit avec le Fonds monétaire international, sur 38 mois, selon Africa Radio (RFI).
L'accord doit encore être validé par le conseil d'administration du FMI avant tout premier versement. Niamey affiche, de son côté, une prévision de croissance de 7 % pour 2026, un chiffre élevé pour un pays sous régime de transition depuis le coup d'État de 2023.
Sur le terrain, pourtant, le quotidien reste marqué par des pénuries de carburant qui persistent dans plusieurs villes du pays, rappelle la même source. Un paradoxe qui résume assez bien la situation nigérienne : des indicateurs macroéconomiques présentés comme solides, et une population qui fait la queue à la pompe.
Ce dossier dit quelque chose de plus large sur la relation entre les juntes militaires sahéliennes et les institutions financières internationales. Après avoir rompu, pour certaines, avec des partenaires occidentaux sur le plan militaire et diplomatique, plusieurs de ces gouvernements continuent de négocier avec le FMI pour financer leur budget, preuve que la rupture politique n'efface pas la dépendance économique.
Pour les bailleurs, soutenir un régime issu d'un coup d'État reste un exercice d'équilibriste : refuser l'aide risque d'aggraver une crise sociale déjà tendue, l'accorder peut être lu comme une normalisation politique.
Le Niger obtiendra-t-il ce financement avant que les files d'attente aux stations-service ne deviennent le symbole d'un pouvoir qui promet la croissance sans la faire ressentir dans la rue ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…