Devant l'Assemblée générale de l'ONU, le Premier ministre nigérien a accusé la France et l'Ukraine de préparer, avec deux autres pays, des attaques contre l'armée et le pétrole du Niger, sans apporter la moindre preuve.
Publié le 28 septembre 2026 à 09:43 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 21:48

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Aucune preuve. Aucun nom. Mais une accusation lancée depuis la tribune la plus regardée du monde.
Devant l'Assemblée générale des Nations unies, le 25 septembre, le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine a affirmé qu'à la frontière nord-est du Niger, des supplétifs armés se tiennent prêts à frapper.
« Au moment où je vous parle, à nos frontières nord-est, se trouvent les proxies dirigés par cette France, appuyés par l'Ukraine et deux autres pays », a-t-il déclaré, dans des propos rapportés par TchadInfos. Ces groupes seraient, selon lui, « armés, guidés, conduits », sur le point d'attaquer « nos positions militaires et nos installations de pétrole », écrit de son côté Seneweb.
Le chef du gouvernement va plus loin : ce que vit le Sahel, dit-il, n'est ni une simple rébellion armée, ni une guerre de religion, ni une fatalité issue de « nos propres faiblesses », mais une « ingénierie cynique de recolonisation », d'après EchosMedias. En cause, la convoitise pour l'uranium nigérien, l'or malien et burkinabè, le lithium, le gaz et le pétrole, des ressources qui, selon ses mots, continuent de faire saliver les anciennes puissances coloniales.
Le calcul est limpide. Depuis le coup d'État de juillet 2023 et la rupture avec Paris, Niamey a fait du pétrole son nouveau nerf de guerre : l'oléoduc reliant les champs d'Agadem à l'Atlantique exporte du brut depuis 2024, une infrastructure aussi stratégique que vulnérable. Accuser la France et l'Ukraine, sans en apporter la preuve, sert un récit que partagent aussi Bamako et Ouagadougou, alliés du Niger au sein de l'Alliance des États du Sahel.
Reste une question que la diplomatie ne réglera pas à coups de tribunes onusiennes. L'Afrique de 2050 aura besoin d'investisseurs, de pipelines qui tiennent et de voisins qui se parlent encore. Peut-on construire une souveraineté minière et pétrolière durable sur des accusations qu'on ne prouve jamais ?
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