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268 Nigérians rapatriés depuis l'Afrique du Sud jeudi. Xénophobie, violence, diplomatie : Lagos mobilise face à la crise sud-africaine.
Publié le 11 juin 2026 à 09:40 UTC+0

Deux cent soixante-huit vies qui repartent. Deux cent soixante-huit histoires de peur, de boutiques brûlées, de nuits sans dormir.
Le ministre nigérian des Affaires étrangères devait recevoir jeudi 268 ressortissants rapatriés depuis l'Afrique du Sud, selon AllAfrica et Vanguard. Une opération diplomatique dans un contexte de xénophobie récurrente, où commerçants et travailleurs africains sont régulièrement stigmatisés, attaqués, expulsés de facto par la violence de rue.
Ce n'est pas le premier rapatriement de l'année. Mozambique, Malawi, d'autres pays voisins ont connu des vagues similaires. Mais l'échelle nigériane (la plus grande économie du continent) transforme chaque crise en tension diplomatique continentale. Abuja doit protéger ses ressortissants tout en gérant des relations économiques complexes avec Pretoria.
Pour les jeunes Nigérians en Afrique du Sud, la peur est quotidienne. Certains y sont nés, y ont bâti des businesses, y envoient de l'argent à Lagos. La xénophobie ne distingue pas toujours les nationalités : elle frappe « l'étranger africain » dans son ensemble.
L'Afrique du Sud peine à tenir les promesses d'unité panafricaine quand ses rues deviennent dangereuses pour ceux qui viennent chercher du travail. Les gouvernements voisins, eux, peinent à offrir assez d'opportunités pour que le départ ne paraisse plus nécessaire.
L'Afrique parviendra-t-elle enfin à traiter la xénophobie comme une urgence politique continentale, ou continuera-t-elle à compter les rapatriés après chaque vague de violence ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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