Trente-sept suspects d'orpaillage illégal sont morts aux mains de la police civile nigériane. Vingt agents suspendus, une commission indépendante lancée sous deux semaines.
Publié le 20 septembre 2026 à 08:58 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 21:31

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Trente-sept. C'est le nombre d'hommes suspectés d'orpaillage illégal qui ne sont jamais ressortis vivants d'un centre de détention de l'État du Niger, au cœur du Nigeria.
Ces personnes sont mortes en détention, aux mains de la Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC). Pas de procès. Pas de condamnation. Juste des corps, et un silence que le pouvoir fédéral a fini par rompre.
Le président Bola Tinubu a ordonné une enquête sur ces décès, confirme la présidence nigériane. Le ministre de l'Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a annoncé la suspension immédiate de 20 agents de la NSCDC ainsi que celle du commandant d'État, Suberu Aniviye.
Une commission indépendante de dix membres a été installée dans la foulée, présidée par Jonathan Kure, ancien numéro deux des services secrets nigérians, avec pour secrétaire le professeur Isa Hayatu Chiroma, ancien directeur général de la Nigeria Law School.
Le ministre leur a fixé un délai de deux semaines pour établir l'identité des victimes, les circonstances des arrestations et les responsabilités. Il a averti que toute tentative de destruction de preuves ou d'intimidation de témoins serait traitée comme une infraction grave.
L'orpaillage illégal nourrit des millions de familles à travers le continent, du Ghana à la République démocratique du Congo, faute d'alternative économique.
Réprimer ce secteur informel sans y perdre son âme, sans transformer la détention en sentence de mort, voilà l'équation que les États africains doivent résoudre avant que leurs propres forces de sécurité ne deviennent une menace plus grande que le crime qu'elles sont censées combattre. Une Afrique qui veut peser sur ses propres ressources minières en 2050 ne peut le faire en piétinant les vies de ceux qui, en attendant, y survivent avec une pioche.
Une enquête de deux semaines suffira-t-elle à rendre justice à trente-sept familles, ou l'oubli ira-t-il plus vite que la commission Kure ?
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