Le gouvernement fédéral nigérian a démenti tout projet d'interdiction d'exportation des fèves de cacao brutes, après des propos du président Tinubu ayant semé la confusion chez les acteurs de la filière.
Publié le 19 juillet 2026 à 10:42 — mis à jour le 11 octobre 2026 à 08:56

Ecouter l'article
Une phrase de trop lors d'un sommet, et c'est toute une filière qui s'affole. Voilà, en résumé, ce qui vient de se passer autour du cacao nigérian.
Le ministre nigérian de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Abubakar Kyari, a précisé dans un communiqué que le gouvernement n'a aucun projet d'interdire l'exportation des fèves de cacao brutes, selon Premium Times.
Cette clarification intervient après des propos tenus par le président Bola Tinubu lors du Sommet sur la valorisation du cacao 2026 à Abuja, propos qui avaient alimenté des interprétations inquiètes chez les exportateurs. « Notre objectif est la valorisation, pas une interdiction d'exportation », a insisté le ministre, rappelant que la priorité du gouvernement reste de construire une industrie du cacao compétitive en encourageant la transformation locale, sans fermer la porte aux exportations de fèves brutes.
Le timing n'est pas anodin. Quelques jours plus tôt, le Nigeria signait à Abuja, aux côtés de la Côte d'Ivoire, du Ghana et du Cameroun, une alliance pour la valorisation du cacao sur le continent. Une ambition régionale qui se heurte, sur le terrain, à la réalité économique de milliers de producteurs qui dépendent encore largement de l'export de la matière première brute.
Pourquoi ça compte au-delà du Nigeria ? Parce que la tension entre transformation locale et maintien des revenus à l'export traverse toute l'Afrique de l'Ouest cacaoyère. La Côte d'Ivoire et le Ghana, qui pèsent à eux deux plus de 60 % de la production mondiale, connaissent la même équation : vouloir transformer davantage sans casser les revenus immédiats des producteurs qui vivent de la vente au comptant.
Un continent qui produit l'essentiel du cacao mondial peut-il un jour capter l'essentiel de sa valeur ajoutée, plutôt que de la laisser aux chocolatiers d'Europe ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…