Quinze soldats et cinq miliciens tués dans l'attaque d'une base du lac Tchad. À trois mois de la présidentielle, la sécurité s'impose comme l'épreuve de vérité.
Publié le 19 octobre 2026 à 08:23 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 11:00

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Une base brûlée, des armes pillées, des soldats portés disparus. Dans la nuit du mardi au mercredi, des combattants présumés affiliés à l'État islamique ont envahi la base militaire de Mairari, dans la zone du lac Tchad, au Borno. Quinze soldats et cinq membres de la milice anti-jihadiste ont été tués, selon des sources militaires et locales citées par l'AFP et reprises par Africanews.
Un officier, sous anonymat, parle d'une base « rasée ». Les troupes se sont repliées d'environ 18 kilomètres, vers la ville de garnison de Monguno. Plusieurs militaires restent introuvables, et leurs camarades craignent qu'ils aient été capturés. Un habitant, Grema Butari, raconte un combat prolongé commencé vers 22 heures, avec des assaillants restés jusqu'à l'aube.
Samedi 17 octobre, le chef d'état-major de l'armée s'est rendu auprès des troupes dans le Nord-Est. Dans le même temps, d'après la presse nigériane du week-end, le gouverneur Babagana Zulum réclamait une offensive militaire coordonnée au lac Tchad, et les parents des écoliers de Mussa et Lassa, retenus depuis 155 jours, demandaient qu'on les regarde enfin en face. Le quotidien Daily Trust signalait dès vendredi des soldats craints morts dans la zone.
Ce n'est pas un accident de parcours. Selon ACLED, le deuxième trimestre 2026 a enregistré le plus haut niveau de violence jamais mesuré au Nigeria depuis 1997. Selon l'ONU, l'insurrection née en 2009 a fait des dizaines de milliers de morts et environ deux millions de déplacés. Une attaque similaire contre un poste de Kukawa avait eu lieu la semaine précédente.
L'élection présidentielle est fixée au 16 janvier 2027. Le candidat qui parlera d'économie sans parler de Mairari parlera dans le vide. Pour 2050, un pays de plus de 200 millions d'habitants ne peut pas bâtir son avenir avec des garnisons qui reculent. Qui protège réellement le Nord-Est aujourd'hui ?
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