Le juge de la charia du groupe rejette face camera les informations d'une treve secrete de trois mois negociee avec le gouvernement nigerian contre la liberation d'otages.
Publié le 16 septembre 2026 à 11:14 — mis à jour le 24 septembre 2026 à 23:44

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Sept minutes de vidéo pour démentir trois mois de rumeurs. Le juge de la charia de Boko Haram n'a pas mâché ses mots face à la caméra.
Dans un message diffusé cette semaine, le dénommé Abdulrahman, présenté comme juge religieux du groupe, a rejeté les informations selon lesquelles Abuja et Boko Haram auraient conclu une trêve secrète depuis juin, rapporte Premium Times Nigeria. « Ce n'est pas qu'il n'y ait pas de place pour la réconciliation dans notre religion, mais cette réconciliation dont vous répandez la rumeur est un mensonge », a-t-il déclaré, cité par la même source.
L'enquête initiale, évoquait un cessez-le-feu de trois mois négocié après la libération de civils enlevés à Ngoshe, dans l'État de Borno, contre le versement présumé de cinq milliards de nairas, soit environ 3,7 millions de dollars. Le gouvernement nigérian a catégoriquement nié tout paiement de rançon. Le président Bola Tinubu a au contraire annoncé en juillet une intensification des opérations militaires.
Vrai ou faux, ce démenti en dit long sur la fragilité d'un récit de paix construit sur des tractations opaques. Pour des millions de familles du Nord-Est nigérian, otages depuis quinze ans d'un conflit meurtrier, chaque rumeur de cessez-le-feu ravive un espoir immédiatement suivi d'une nouvelle désillusion.
Le Sahel tout entier observe ce théâtre nigérian avec inquiétude. La lutte contre le jihadisme s'y joue aussi sur le terrain de la communication, où chaque camp cherche à imposer son récit avant même que les armes ne se taisent réellement. Une Afrique de l'Ouest stabilisée d'ici 2050 ne se construira pas sur des trêves dont personne ne peut vérifier la réalité.
Qui croire, quand ni le gouvernement ni le groupe armé n'ont intérêt à dire toute la vérité ?
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