Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Les compagnies aériennes nigérianes ont menacé de suspendre tous les vols le 20 avril à cause d'une hausse de 267% du carburant aviation. Le paradoxe d'un pays pétrolier sans carburant.
Publié le 19 avril 2026 à 19:56 UTC

Le Nigeria produit du pétrole. Le Nigeria exporte du pétrole. Et le Nigeria est à deux doigts de ne plus avoir d'avions qui volent parce que le carburant coûte trop cher. Bienvenue dans le paradoxe le plus criant d'Afrique.
Le 17 avril 2026, l'Association des Opérateurs Aériens du Nigeria (AON) a lancé un ultimatum : si rien ne change, tous les vols domestiques s'arrêtent le 20 avril à minuit. La raison : le prix du carburant d'aviation (JET A-1) est passé de 900 nairas le litre le 28 février à 3 300 nairas en avril — une hausse de 267% en sept semaines. Une compagnie avait déjà cloué sa flotte entière au sol depuis le 13 mars. Le ministre de l'Aviation Festus Keyamo a convoqué une réunion d'urgence pour le 22 avril. Les compagnies ont suspendu leur menace conditionnellement.
Ce qui rend cette crise particulièrement absurde est géographique : le Nigeria est le premier producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne. Il exporte des millions de barils chaque mois. Et pourtant, il ne peut pas raffiner suffisamment de carburant pour ses propres avions. La raffinerie Dangote a bien commencé à produire, mais pas suffisamment pour couvrir la demande aviation. Les prix internationaux du brut, eux, n'ont augmenté que de 30% sur la même période — bien loin des 267% constatés sur le JET A-1. L'AON parle ouvertement de prix "artificiels", suggérant une chaîne d'approvisionnement opaque et des intermédiaires qui s'enrichissent. Pendant ce temps, les passagers sont pris en otage.
L'Afrique a besoin d'un marché aérien unifié. Avec 54 pays, une aviation continentale efficace est la colonne vertébrale de toute intégration économique réelle. Si un premier producteur de pétrole continental ne peut pas nourrir son aviation domestique, l'accord de Ciel Unique Africain (SAATM) reste un vœu pieux. La solution implique une réforme structurelle du modèle d'approvisionnement en carburant à l'échelle panafricaine.
Que penses-tu d'un pays pétrolier dont les avions sont cloués au sol par le prix du carburant ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…