Le régulateur nigérian a validé l'introduction en bourse de la raffinerie Dangote. Objectif : lever jusqu'à 1,6 milliard de dollars, un record continental.
Publie le 8 septembre 2026 à 10:02 - mis a jour le 8 septembre 2026 à 16:25

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Vingt milliards de dollars de béton, d'acier et de pari industriel s'apprêtent à ouvrir leur capital aux investisseurs du monde entier. La plus grande opération boursière jamais tentée sur le continent africain est sur le point de démarrer. Elle est portée par la raffinerie que le milliardaire nigérian Aliko Dangote a fait sortir de terre à Lagos.
D'après TimesLIVE, la Securities and Exchange Commission nigériane a donné son feu vert à l'introduction en bourse de la filiale raffinage du groupe, qui doit ouvrir son carnet d'ordres le 14 septembre pour lever jusqu'à 2 150 milliards de nairas, environ 1,6 milliard de dollars. Le titre gagnait déjà en valeur sur les marchés dès l'annonce de la date. Les investisseurs attendent maintenant la fourchette de prix par action pour se positionner sur ce qui s'annonce comme l'introduction en bourse la plus scrutée de la décennie sur le continent.
L'enjeu dépasse largement la mécanique boursière. Cette raffinerie de 650 000 à 700 000 barils par jour, construite pour environ 20 milliards de dollars, symbolise la tentative la plus ambitieuse de l'Afrique de l'Ouest pour cesser d'exporter son pétrole brut et d'en importer le carburant raffiné à prix fort. Ouvrir le capital de cette infrastructure aux marchés financiers, c'est aussi tester la capacité du continent à financer ses propres géants industriels sans dépendre uniquement de capitaux étrangers.
D'ici 2050, la demande énergétique africaine devrait plus que doubler, portée par une population qui approchera les deux milliards et demi d'habitants. Si l'opération Dangote réussit, elle pourrait devenir un modèle pour d'autres méga-projets industriels du continent. La preuve qu'une entreprise africaine peut lever des capitaux africains, sur une bourse africaine, pour une infrastructure qui sert d'abord les Africains.
Une bourse de Lagos capable de financer la plus grande raffinerie d'Afrique : est-ce le signal que les marchés financiers du continent sont enfin prêts à jouer dans la cour des grands ?
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