Pendant trois jours, les agents publics nigérians ont arrêté le pays pour dénoncer la flambée du carburant et un salaire minimum resté figé. Un bras de fer qui dit beaucoup de la première économie d'Afrique.
Publié le 3 octobre 2026 à 08:12

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Mille cinq cents nairas le litre dans le nord du pays. Soixante-dix mille nairas de salaire mensuel pour un fonctionnaire. Faites le calcul : il ne tient plus. Depuis vendredi 2 octobre et jusqu'au 4, les agents publics nigérians ont posé stylos et blouses pour trois jours de grève d'avertissement, bureaux fermés, hôpitaux au ralenti, écoles désertées.
Le Joint National Public Service Negotiating Council (JNPSNC), qui réunit huit syndicats dont le Nigeria Civil Service Union et les infirmières du pays, réclame depuis des mois une baisse du prix de l'essence à 500 nairas le litre et l'ouverture de négociations sur un nouveau salaire minimum. Selon Premium Times, le secrétaire du Conseil, Gbenga Olowoyo, a prévenu que les difficultés économiques causées par le coût élevé du carburant mettent la survie des travailleurs nigérians sous une pression extrême.
Le gouvernement du président Bola Tinubu, confirme AllAfrica, a laissé passer un ultimatum fixé au 30 septembre sans répondre, pas même dans son discours du 66e anniversaire de l'indépendance.
Pourquoi ça compte au-delà de Lagos et d'Abuja ? Parce que le Nigeria, plus grosse économie du continent et pays le plus peuplé d'Afrique, n'arrive toujours pas à fixer un salaire minimum vital trois ans après la suppression des subventions au carburant. Le prix a été multiplié par sept depuis mai 2023, rapporte Naija News, pendant que la Banque mondiale chiffre à huit millions le nombre de Nigérians basculés dans la pauvreté.
Ce bras de fer n'est pas qu'une affaire nigériane. Il dessine ce que sera le rapport de force entre travailleurs et États africains dans les décennies qui viennent, à mesure que les subventions tombent et que les classes moyennes publiques s'appauvrissent. Si la première économie d'Afrique ne protège pas ses fonctionnaires, qui le fera ?
Et vous, dans votre pays, le salaire a-t-il suivi le prix du carburant ?
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