Malgré une baisse de son taux directeur à 23 %, la banque centrale du Nigeria voit le naira se stabiliser autour de 1 328 nairas pour un dollar, portée par des réserves de change record.
Publié le 25 septembre 2026 à 10:49 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 19:48

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D'ordinaire, quand une banque centrale baisse ses taux, sa monnaie tremble. Au Nigeria, cette semaine, c'est l'inverse qui s'est produit.
La Banque centrale du Nigeria (CBN) a abaissé son taux directeur de 26,5 % à 23 % lors de sa dernière réunion de politique monétaire, tout en ajustant son corridor de taux, rapporte BusinessDay.
Le naira, lui, s'est maintenu ce jeudi 24 septembre à 1 328,67 nairas pour un dollar sur le marché officiel, contre 1 385 nairas sur le marché parallèle, précise Arbiterz, réduisant l'écart entre les deux taux à environ 4,3 %. Les analystes de CardinalStone, cités par BusinessDay, expliquent ce paradoxe par des entrées de devises soutenues et un excédent du compte courant, qui ont porté les réserves de change à 54,83 milliards de dollars le 23 septembre. Un plus haut depuis dix-huit ans. En hausse de 30 % sur un an.
Ce genre de résilience monétaire reste rare sur le continent, où la plupart des devises, du cedi ghanéen au franc guinéen, restent otages des humeurs du dollar et des matières premières. Le pari nigérian n'est pas sans risque : desserrer le crédit tout en défendant sa monnaie suppose de tenir un équilibre que peu de banques centrales africaines réussissent longtemps.
Si le Nigeria confirme cette trajectoire, il pourrait devenir, d'ici 2050, la preuve qu'une grande économie africaine peut baisser le coût du crédit pour ses entreprises sans sacrifier la valeur de sa monnaie, un modèle que plusieurs banques centrales voisines observeront de près.
Cette embellie du naira tiendra-t-elle au-delà de quelques semaines, ou les fondamentaux de l'économie nigériane rattraperont-ils vite l'optimisme des marchés ?
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