L'autorité en charge des déchets de Lagos a scellé plus de 25 établissements, dont une station-service, le long d'Ago Palace Way, pour mettre fin à des dépôts sauvages récurrents.
Publié le 12 octobre 2026 à 09:18 — mis à jour le 18 octobre 2026 à 23:02

Des bennes qui débordent sur un pont, des vendeurs ambulants qui facturent jusqu'à 5 000 nairas pour jeter des ordures n'importe où : à Okota, dans la banlieue de Lagos, le problème durait depuis des mois.
Dimanche 11 octobre, l'Autorité de gestion des déchets de Lagos (LAWMA), dirigée par Muyiwa Gbadegesin, a mobilisé camions compacteurs, chargeurs et balayeuses pour sceller plus de 25 établissements le long d'Ago Palace Way, dont une station-service Mobil, rapporte Premium Times. L'opération, menée avec l'unité des infractions environnementales de l'État et l'équipe Kick Against Indiscipline, visait des commerces installés illégalement sur les reculs routiers et des vendeurs de rue dont l'activité alimentait des dépôts sauvages récurrents autour des culées de pont.
Un vendeur ambulant arrêté sur place, Shamusi Muritala, aurait reconnu avoir déversé des déchets sur les terre-pleins en facturant ce service jusqu'à 5 000 nairas par client. Dès le mois d'août, selon The Guardian, des riverains d'Ago Palace Way se plaignaient déjà de débordements d'ordures malgré le paiement régulier des services de collecte, un problème que LAWMA a mené plusieurs opérations similaires à réprimer depuis, selon Nairametrics.
Le directeur général de LAWMA a prévenu que ces activités entravent la circulation, nuisent à l'ordre public et contribuent à la dégradation de l'environnement, et que l'autorité poursuivrait ses opérations pour protéger les infrastructures publiques à travers Lagos.
Derrière cette opération de police urbaine se joue un défi bien plus large pour l'Afrique qui s'urbanise à vitesse accélérée : celui de la gestion des déchets dans des mégapoles de plus de 20 millions d'habitants, où l'informel comble souvent les failles d'un service public débordé.
Lagos, qui vise à devenir une référence régionale de ville durable, ne pourra pas sceller des bâtiments indéfiniment sans offrir d'alternative économique à ceux qui en vivent.
Que deviendront les vendeurs d'Ago Palace Way une fois les grilles posées sur leurs étals ?
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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