Les quatre sections du Nigerian Bar Association dans l'État du Plateau dénoncent une violence qui s'aggrave à Mangu, Barkin Ladi, Riyom et Bokkos, et réclament la création de polices d'État.
Publié le 30 septembre 2026 à 09:01 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 20:07

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Six mille trente-neuf morts en cinq ans. Le chiffre, avancé par le professeur Isaac Olawale Albert, résume à lui seul pourquoi les avocats nigérians ont décidé de hausser le ton sur le Plateau.
Les quatre sections locales du Nigerian Bar Association (NBA) ont dénoncé, le 29 septembre, une escalade de violences dans les zones de gouvernement local de Mangu, Barkin Ladi, Riyom et Bokkos, rapporte le quotidien This Day. Dans un communiqué sévère, l'association parle d'un constat accablant sur la capacité de l'État à remplir sa responsabilité constitutionnelle.
Elle réclame un amendement constitutionnel pour inscrire la sécurité sur la liste des compétences concurrentes, ce qui ouvrirait la voie à de véritables polices d'État, ainsi qu'un renforcement de la surveillance des frontières et des procès accélérés pour les faits de terrorisme. Le ministre de la Défense, le général Christopher Musa, a de son côté rappelé que la sécurité est le socle fondamental sur lequel reposent l'unité nationale et la prospérité partagée, une déclaration reprise par plusieurs titres relayés par le réseau AllAfrica.
Les chiffres cités par les avocats donnent le vertige : plus de 2 150 morts recensés en 2025 rien que pour le grand banditisme dans le Nord-Ouest, et 2,83 millions de personnes déplacées en cinq ans à l'échelle du pays.
Le Plateau n'est pas un cas isolé. Du Sahel à la Corne de l'Afrique, la question revient partout, celle de savoir si une police centralisée, souvent absente des zones rurales, peut encore protéger des communautés que les groupes armés atteignent plus vite que l'État.
Pour l'Afrique de 2050, la sécurité territoriale sera peut-être moins une affaire de gros bataillons que de gouvernance locale outillée pour répondre en heures, et non en semaines.
Le Nigeria ira-t-il jusqu'à décentraliser sa police, au risque de voir certains États en abuser, ou préférera-t-il continuer de compter les morts en attendant une réforme qui tarde depuis des années ?
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