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Un mois après les enlèvements à Oyo. Familles sans nouvelles. Enseignants en grève dans le sud. Old Oyo National Park, 2 500 km² de jungle.
Publié le 19 juin 2026 à 11:00 UTC+0

Un mois. Pas de visage. Pas de date de retour. Juste l'attente.
Ce jeudi 19 juin, les familles de Yawota et d'Ahoro-Esinle, dans l'État d'Oyo, au sud du Nigeria, vivent leur trentième jour sans nouvelles des enfants et des professeurs enlevés le 15 mai, selon France24 et Guardian Nigeria. Deborah Oyedele et sa sœur Abosede Ojedele parlent depuis leur maison modeste. Les mots manquent. Les larmes, non.
Les attaques ont visé plusieurs établissements de la zone d'Oriire : école baptiste de Yawota, lycée et primaire d'Esinle. Des hommes armés sont venus en pleine journée scolaire. Depuis, le gouverneur Seyi Makinde assure que les victimes seraient retenues dans l'axe du parc national Old Oyo, une zone de 2 500 kilomètres carrés, selon THISDAYLIVE.
Le choc est double. D'abord humain : des parents qui ne savent pas si leurs enfants mangent, dorment, vivent. Ensuite géographique : le sud du Nigeria n'était pas le nord, où les enlèvements contre rançon font partie du paysage sécuritaire depuis des années. Ibadan, capitale régionale et pôle universitaire, se sent visée.
Le syndicat national des enseignants a demandé le retrait des professeurs des écoles de l'État d'Oyo jusqu'à nouvel ordre, selon France24. Gbeko Fatai, enseignant à Iseyin, résume la peur : « Si cela leur est arrivé là-bas, personne n'est en sécurité. » Les inscriptions pourraient chuter. Des salles de classe se vident avant même la fin de l'année.
Makinde a reçu le 18 juin le vice-inspecteur général de police chargé du sud-ouest. La coopération fédérale est sur la table. Tinubu brigue un second mandat en janvier. Cette crise tombe au mauvais moment pour un président déjà sous pression sur l'insécurité.
Guardian Nigeria parle de villages « fracturés », de classes silencieuses, de familles suspendues entre espoir et désespoir. Le parc Old Oyo devient un labyrinthe où même l'armée peine à avancer.
Les autorités nigérianes parviendront-elles à sortir les otages du sud avant que la peur ne transforme toute une génération d'écoliers en réfugiés de l'éducation, ou Oyo restera-t-il le signal que nulle région du pays n'est épargnée ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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