Un mois après le rapt collectif de centaines d'habitants dans le district de Borgu, aucun otage n'a été libéré malgré l'ordre présidentiel, et les familles réclament un recensement des disparus.
Publié le 24 septembre 2026 à 09:28 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 20:04

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Trente nuits. C'est le temps qu'une mère de Dekara attend un signe de ses enfants, emmenés avec des centaines d'autres habitants dans la nuit du 21 août 2026. Depuis, silence radio. Pas un appel, pas une rançon réclamée, pas une preuve de vie.
Ce soir-là, des hommes armés ont fondu sur les villages du district de Borgu, dans l'État du Niger, à environ 300 kilomètres de Minna, et emporté entre 600 et 700 femmes, enfants et personnes âgées, selon les habitants cités par TimesLive. Un mois plus tard, le 22 septembre, malgré l'ordre de sauvetage immédiat donné par le président Bola Tinubu, aucun captif n'a été libéré, confirme US News.
Le pays s'apprête à voter en janvier 2027, et cet enlèvement de masse, l'un des plus importants recensés dans le pays ces dernières années, expose au grand jour l'incapacité de l'État à protéger ses campagnes du centre-nord. Faute de chiffres officiels, la Borgu Youths Development Association réclame un recensement précis des disparus, une demande qui en dit long sur le vide laissé par l'administration, d'après Face2FaceAfrica.
Ce scénario n'est plus isolé. Du bassin du lac Tchad à la ceinture sahélienne, des groupes armés ont fait du kidnapping de masse une industrie parallèle, prospérant sur des États aux frontières poreuses et aux forces de sécurité étirées.
Si l'Afrique de 2050 veut compter parmi les continents stables et attractifs pour ses propres enfants, elle ne pourra pas se construire sur des régions entières abandonnées à la loi des armes, relève BusinessWorld Online en analysant les répercussions de l'insécurité sur les zones rurales.
À Borgu, les femmes continuent de manifester chaque semaine, sans réponse claire de l'État.
Combien de temps une nation peut-elle tenir un scrutin pendant que des centaines de ses citoyens restent introuvables ?
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