Moses Matovu, cofondateur du groupe mythique Afrigo Band, est mort après avoir été agressé au petit matin à Kampala. La police enquête sur un possible drame passionnel.
Publié le 25 septembre 2026 à 10:49 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 03:03

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Il est un peu plus de cinq heures et demie du matin, ce jeudi, quand Moses Matovu se présente chez sa compagne, dans le quartier de Makindye à Kampala. Il n'en ressortira pas vivant.
Selon le Daily Monitor, le musicien a été violemment agressé sur place par un homme qui aurait précédemment entretenu une relation avec la même femme. Grièvement blessé, il a été conduit à l'hôpital de Kibuli par un conducteur de moto-taxi, où il est mort peu après, précise la radio publique UBC.
La police évoque une possible querelle ayant dégénéré et confirme, selon Pulse Uganda, que la compagne présente sur les lieux a été arrêtée pour être entendue, tandis que le suspect principal, identifié, reste activement recherché. Sur les réseaux sociaux, l'artiste Balaam a rendu hommage à un talent que l'Ouganda ne remplacera peut-être jamais, propos relayés par ChimpReports.
Moses Matovu n'était pas un musicien parmi d'autres. Cofondateur de l'Afrigo Band en 1979, il a accompagné près d'un demi-siècle de musique populaire ougandaise et des Grands Lacs, formant plusieurs générations d'artistes de la région. Sa mort dans une violence domestique, plutôt que sur une scène, rappelle une réalité que le continent peine encore à endiguer : des conflits privés qui basculent en tragédies, faute de mécanismes de médiation ou de protection efficaces avant qu'il ne soit trop tard.
Une Afrique de 2050, plus jeune et plus urbaine, ne pourra pas se targuer de préserver son patrimoine culturel si elle ne protège pas d'abord la vie de celles et ceux qui le portent, y compris dans leur vie la plus privée.
Combien de légendes musicales africaines faudra-t-il perdre ainsi, dans l'intimité plutôt que sur scène, avant que la violence entre proches ne devienne enfin une priorité publique à part entière ?
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