La fintech égyptienne Paymob boucle un tour de 35 millions de dollars mené par Mubadala et la BERD, confirmant l'appétit du Golfe pour les paytechs nord-africaines.
Publié le 23 septembre 2026 à 12:10 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 22:53

Ecouter l'article
Un bureau au Caire où les écrans affichent des courbes qui grimpent presque à la verticale : en dix-huit mois, les revenus consolidés de la fintech égyptienne Paymob ont triplé, portés par une activité dans le Golfe multipliée par sept, qui pèse désormais près de la moitié de son chiffre d'affaires total. Sur cette dynamique, l'entreprise vient de boucler un tour de table de 35 millions de dollars en pre-Series C, confirme Wamda.
L'opération est co-menée par le fonds souverain émirati Mubadala et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, rejoints par British International Investment, Global Ventures et le nouvel entrant DPI Ventures, précise FinTech Futures. Paymob revendique désormais plus de 390 000 marchands actifs en Égypte, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite et à Oman, dont 20 000 intégrés dans le Golfe depuis l'obtention de sa licence émiratie en janvier 2025. Son financement cumulé dépasse à présent les 125 millions de dollars.
"Paymob s'est transformée en plateforme régionale au cours des dix-huit derniers mois, portée par la croissance exponentielle de notre activité dans le CCG", résume son cofondateur et directeur général Islam Shawky, cité par Wamda.
Pendant que les levées de fonds ralentissent nettement en Afrique subsaharienne, où les start-up peinent à convaincre au-delà des tours d'amorçage, l'Égypte confirme qu'elle reste la place forte fintech du continent, et le Golfe, riche de ses pétrodollars, mise sur ces paytechs nord-africaines qui parlent déjà la langue de ses régulateurs et de ses consommateurs.
En 2050, si la trajectoire se confirme, l'axe économique le plus dynamique entre l'Afrique et le Moyen-Orient ne passera plus seulement par le pétrole ou le tourisme, mais par ces plateformes de paiement qui font circuler, sans friction, l'argent des PME du Caire à Riyad.
Le Caire va-t-il devenir la vraie capitale fintech reliant l'Afrique au Golfe, quand tant d'ambitions similaires stagnent ailleurs sur le continent ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…