Vie chère
Poisson à Abidjan : 2 500 FCFA de moins par carton après la colère des commerçantes
Après plusieurs jours de manifestations, le gouvernement a obtenu une baisse de 2 500 FCFA sur le carton de 20 kg de chinchard et de maquereau. La mesure est provisoire, et tout se jouera dans la chaîne de distribution.
Abidjan — Publié le 24 octobre 2026 à 05:58

Lundi 19 octobre, les commerçantes de poisson du grand marché d'Abobo ont posé leurs paniers pour protester. Le prix d'achat de plusieurs cartons avait grimpé ces derniers temps, racontait KOACI. Répercuter la hausse, c'est perdre des clients. L'absorber, c'est rogner une marge déjà mince.
Trois jours plus tard, le dossier a bougé. Jeudi 22 octobre, au 26e étage de l'immeuble Postel 2001, au Plateau, le ministre du Commerce, Kalil Konaté, a réuni importateurs, grossistes, demi-grossistes, détaillants et associations de consommateurs. Résultat, rapporté par l'AIP, Linfodrome et KOACI : une baisse immédiate de par carton de 20 kg de chinchard et de maquereau, deux poissons très consommés.
« L'essentiel, c'est de réduire le coût de la vie pour les populations ivoiriennes », a déclaré le ministre. Marthe Kalé, présidente des importateurs de viande et de poisson congelé, a confirmé que sa corporation appliquerait la réduction. Soumahoro Ben Faly, de la fédération de consommateurs Le Réveil, a salué un « accord provisoire » obtenu par le dialogue. Les représentantes des commerçantes ont appelé leurs collègues à reprendre le travail.
Les articles ne donnent pas le prix du carton avant et après la baisse. Une commission de suivi doit vérifier que les arrivent bien jusqu'à l'étal. Le gouvernement annonce aussi un observatoire de la formation des prix et des marges. Le ministre cite la hausse des coûts de transport et des hydrocarbures, ainsi que la dépendance aux importations de certaines espèces. Les discussions doivent se poursuivre sur les autres poissons.
Derrière cette bataille de cartons, une question que l'Afrique de 2050 ne pourra pas éluder : nourrir des villes de plus en plus peuplées avec des protéines importées, c'est accepter que le repas du soir dépende de l'étranger. Tant que la pêche locale et la transformation ne couvrent pas la demande, chaque choc de prix se paie sur les marchés populaires.
Chez vous, le poisson a-t-il changé de place dans l'assiette cette année ?
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