Devant les éditeurs à Johannesburg, le président sud-africain avertit que le pays pourrait perdre les avantages commerciaux américains, tout en étudiant un nouvel allègement du prix des carburants.
Publié le 20 octobre 2026 à 08:12 — mis à jour le 20 octobre 2026 à 10:00

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« Nous ne sommes pas le premier pays, ni le seul, à être sorti de l'AGOA, et nous ne serons pas le dernier. » La phrase de Cyril Ramaphosa a de quoi refroidir les exportateurs sud-africains.
Lundi 19 octobre, à Johannesburg, le président a invité son pays à se préparer à une possible exclusion du dispositif américain de droits de douane réduits, rapporte le Daily Maverick.
« Il me revient, en tant que président, de nous préparer si cela devait arriver », a-t-il ajouté, d'après le Rio Times qui cite le quotidien Punch. À ce stade, l'Afrique du Sud reste éligible et Washington n'a annoncé aucune décision, précise le Rio Times.
L'enjeu est tangible. Environ 22 % des exportations sud-africaines vers les États-Unis passent par ce régime, selon BusinessTech cité par le Rio Times, avec l'automobile et l'agriculture en première ligne. Ramaphosa a aussi évoqué une piste : le régime chinois de droits nuls pour les produits africains, entré en vigueur en mai, comme porte d'accès à de nouveaux acheteurs.
L'autre dossier du jour se joue à la pompe. Le gouvernement étudie de nouvelles mesures pour amortir le prix des carburants : « C'est un sujet auquel nous réfléchissons », a dit le président. Mais la marge est mince : une allocation de 10 milliards de rands de stabilisation attend encore l'aval du Parlement, et le Daily Maverick rappelle que le FMI table sur une croissance de 1 % en 2026.
Le ministre des Finances, Enoch Godongwana, présentera son budget à moyen terme le 21 octobre, deux semaines avant les élections locales du 4 novembre, où la colère des électeurs contre leurs municipalités s'annonce forte.
Pour le continent, la leçon dépasse Pretoria. Dépendre d'un seul grand marché, c'est dépendre de l'humeur de ses dirigeants. L'Afrique du Sud, grande économie industrielle du continent, pourrait devenir le test grandeur nature de la diversification commerciale africaine.
Votre pays est-il prêt à se passer de ses grands marchés d'exportation ?
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