La Banque africaine de développement chiffre le déficit annuel de financement de la RDC. Derrière les statistiques, une richesse forestière encore largement dormante.
Publié le 10 août 2026 à 12:55 — mis à jour le 28 septembre 2026 à 10:45

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16,7 milliards de dollars par an. C'est le trou béant que la République démocratique du Congo doit combler chaque année jusqu'en 2030 pour espérer transformer son économie, selon le Rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement.
Le paradoxe est vertigineux. La RDC est assise sur une richesse totale estimée à 858 milliards de dollars en 2020, portée à 52,5 % par son capital naturel, selon les données du CWON 2024 citées par la BAD. Le pays abrite l'essentiel des forêts du bassin du Congo, dont la seule valeur du service climatique, séquestration du carbone comprise, dépasse 30 milliards de dollars. Pourtant, cette fortune verte reste largement dormante.
Un rapport de la Banque mondiale, publié en octobre 2025, confirme l'ampleur du gâchis à l'échelle régionale : la valeur nationale effectivement intégrée dans les économies des six pays du bassin du Congo, RDC comprise, n'atteignait que 7,8 milliards de dollars, alors que le potentiel carbone se chiffre en milliers de milliards. Un paradoxe que l'agence Ecofin qualifiait récemment de sous-valorisation chronique du capital carbone régional.
La croissance du PIB congolais a ralenti à 6,2 % en 2024, contre 8,6 % l'année précédente, plombée par un secteur extractif toujours dominant mais moins vigoureux, et fragilisée par l'intensification du conflit dans l'Est du pays, selon la BAD. Le Plan national stratégique de développement 2024-2028 et le programme conclu avec le FMI, doté de 2,77 milliards de dollars, doivent servir de béquilles à ce redressement.
Pour la BAD, la solution passe par la valorisation des services écosystémiques, crédits carbone et écotourisme en tête, et par leur intégration dans le calcul du PIB national. Une piste déjà explorée lors des Assemblées annuelles de Brazzaville en mai 2026, où le Fonds bleu du bassin du Congo a mobilisé plus de 3 milliards de dollars pour financer des projets bas carbone.
La question centrale demeure : la RDC peut-elle enfin monétiser ses forêts avant que la déforestation n'efface ce capital qu'elle peine déjà à chiffrer ?
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