Le directeur général de l'agence de régulation du secteur minier congolais révèle l'ampleur des pertes liées à des pratiques frauduleuses de sous-traitance.
Publié le 5 octobre 2026 à 08:58

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Vingt milliards de dollars. C'est à peu près ce que la République démocratique du Congo laisserait filer, chaque année, dans les mailles de sa propre sous-traitance minière.
Le chiffre a été révélé par Juan Ted Beleshayi, directeur général de l'agence de régulation et de suivi du secteur minier congolais, et rapporté par le site d'information Congo Quotidien dans son débrief du 4 octobre. En cause : des pratiques frauduleuses dans l'attribution des contrats de sous-traitance, qui permettent à une partie de la valeur extraite du sol congolais d'échapper au fisc et aux circuits officiels. Le responsable annonce des réformes de contrôle et un plan de digitalisation du secteur pour colmater la brèche.
Dans un pays qui concentre une part majeure des réserves mondiales de cobalt, matière première stratégique pour les batteries électriques et la transition énergétique mondiale, chaque dollar qui s'évapore dans l'opacité minière est un dollar qui ne finance ni les routes, ni les hôpitaux, ni l'école, dans des provinces de l'Est déjà saignées par les conflits armés.
Être assis sur une richesse géologique que le monde entier convoite, et rester l'un des pays les plus pauvres de la planète en termes de revenu par habitant. La digitalisation promise par l'agence de régulation ne suffira pas seule à inverser la tendance si elle ne s'accompagne pas d'une volonté politique de faire payer, enfin, ceux qui profitent du système.
L'Afrique veut peser dans la transition énergétique mondiale grâce à ses minerais. Mais peut-elle peser sur le monde si elle ne pèse déjà plus sur ses propres ressources ?
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