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La Première ministre de RDC Judith Suminwa Tuluka a annoncé un plan de 20 milliards de dollars sur 10 ans pour porter l'accès à l'eau potable à 60% de la population d'ici 2035. Un pays en guerre qui se prend en charge, au moment même où l'aide internationale disparaît.
Publié le 18 avril 2026 à 07:18 UTC

Elle aurait pu attendre l'aide internationale. Elle aurait pu lancer un appel à la communauté des donateurs. Au lieu de ça, la Première ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a annoncé le 16 avril 2026 un plan national de 20 milliards de dollars sur dix ans pour amener l'eau potable à 60% de la population congolaise d'ici 2035.
Vingt milliards. Un pays en guerre à l'Est. Un plan souverain. Cette combinaison mérite qu'on s'y arrête.
La réalité de l'eau en RDC aujourd'hui
La République Démocratique du Congo est traversée par le fleuve Congo, le deuxième plus grand fleuve du monde en débit. Son territoire contient une fraction colossale des réserves d'eau douce du continent africain. Et pourtant, selon les estimations des Nations Unies, moins de 30% de sa population a un accès fiable à l'eau potable.
L'objectif annoncé par Suminwa Tuluka : doubler ce taux d'accès d'ici 2035, créer des millions d'emplois dans la construction, la maintenance et la gestion des infrastructures d'eau, et placer la sécurité hydrique au cœur de la stratégie de développement nationale.
Le contexte qui change tout
Ce plan arrive dans une semaine précise. La Banque africaine de développement vient d'annoncer une hausse de ses co-financements. L'usine de vaccins Biovac en Afrique du Sud reçoit ses financements. L'IPO Dangote prépare de lever 5 milliards sur les bourses africaines. Et maintenant la RDC annonce 20 milliards pour l'eau.
Tous ces signaux ont un point commun : ils viennent au moment où l'aide internationale se réduit. L'USAID américain a coupé l'essentiel de ses programmes africains en début d'année 2026. Les banques françaises se sont retirées d'Afrique de l'Ouest depuis 2022.
Résultat : les pays africains font ce qu'ils auraient peut-être dû faire plus tôt. Ils s'organisent eux-mêmes. Par nécessité d'abord, mais aussi parce que la capacité existe.
L'eau comme levier de paix
Il y a un sous-texte géopolitique dans ce plan. La guerre à l'Est de la RDC, alimentée en partie par des tensions sur les ressources, plonge des millions de personnes dans une précarité extrême. L'accès à l'eau potable dans ces zones de conflit est directement lié à la santé publique, à la stabilité des communautés et à la capacité des populations à résister aux recrutements forcés.
Investir dans les infrastructures d'eau, c'est aussi investir dans les conditions matérielles de la paix. Pas une paix diplomatique. Une paix du quotidien, celle qui permet à une mère de donner de l'eau propre à ses enfants sans marcher deux heures.
La RDC 2035 à 60% d'accès à l'eau potable est une ambition. Mais les ambitions africaines méritent d'être prises au sérieux.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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