Un accident minier a fait au moins quatre morts et une dizaine de blessés graves samedi soir sur le site aurifère de Mabela, dans le Sud-Kivu, ravivant la question de la sécurité dans les mines artisanales.
Publié le 19 juillet 2026 à 10:45 — mis à jour le 18 octobre 2026 à 21:03

Ecouter l'article
Un puits d'or, la nuit, et des ouvriers qui n'en ressortiront pas. C'est ce qui s'est joué samedi 18 juillet au soir sur le site aurifère de Mabela, dans le quartier Kalingi, à Kamituga.
Au moins quatre personnes ont perdu la vie et une dizaine d'autres ont été grièvement blessées, selon Radio Okapi, qui cite des sources de la société civile locale. Le drame s'est produit dans un puits appartenant à un exploitant identifié sous le nom de Walukusu, dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu.
Les premières informations recueillies sur place indiquent que les victimes auraient été asphyxiées alors qu'elles travaillaient à l'intérieur du puits. Les circonstances exactes de l'effondrement restaient encore à établir tard dans la soirée, tandis que les équipes locales et les habitants s'efforçaient de porter secours aux victimes.
Ce genre de drame n'est malheureusement pas isolé dans l'est de la RDC, où l'exploitation minière artisanale, souvent non régulée, fait vivre des dizaines de milliers de familles sans offrir de garanties minimales de sécurité. Puits mal étayés, absence d'équipement de protection, contrôle de l'air quasi inexistant : les conditions qui ont permis cette tragédie se retrouvent sur d'innombrables sites similaires à travers la région.
Pourquoi ça compte pour l'Afrique minière ? Parce que le Sud-Kivu illustre un paradoxe cruel : une région assise sur des richesses considérables, or, coltan, cassitérite, où l'extraction continue de tuer ceux qui la pratiquent faute d'un encadrement digne de ce nom. Tant que l'État congolais peine à sécuriser des zones déjà fragilisées par les conflits armés, ce sont les creuseurs eux-mêmes qui paient le prix de cette absence.
Combien de morts faudra-t-il encore sur les sites artisanaux avant qu'une véritable politique de sécurisation des mines voie enfin le jour dans l'est du pays ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…