À la veille de la marche C64 du 15 septembre, l'opposition et l'Hôtel de ville de Kinshasa s'accordent sur un nouvel itinéraire, loin du Parlement, pour dénoncer un possible troisième mandat de Tshisekedi.
Publié le 15 septembre 2026 à 12:21 — mis à jour le 24 septembre 2026 à 23:45

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Sur le boulevard Lumumba, les cortèges devaient converger droit sur le Parlement. À la veille du grand jour, l'itinéraire a bougé de quelques centaines de mètres, et c'est peut-être tout l'enjeu politique du mardi 15 septembre à Kinshasa qui se lit dans ce déplacement.
La coalition d'opposition C64 et l'Hôtel de ville de Kinshasa se sont entendus sur un nouveau point de chute : le Boulevard Triomphal, près de l'École Sévigné, face au Stade des Martyrs, plutôt que devant l'enceinte parlementaire. Raison invoquée par Israël Mutala, secrétaire exécutif provincial : préserver l'inviolabilité du Parlement, dont la session de rentrée s'ouvre ce même jour. Deux points de ralliement sont fixés, l'échangeur de Limete pour les habitants de Tshangu et Mont-Ngafula, le rond-point Moulaert pour ceux de Funa et Lukunga.
Sur le fond, la marche vise une cible précise : une éventuelle révision constitutionnelle qui ouvrirait la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi. « Nous voulons démontrer notre crédibilité et notre légitimité », affirme Devos Kitoko, secrétaire général d'ECIDE, membre de la coalition, invoquant l'article 26 de la Constitution qui garantit la liberté de manifester. La Commission nationale des droits de l'homme, elle, appelle à faire de cette journée « un moment d'expression démocratique et non de confrontation », dans un climat déjà tendu par l'arrestation, ces dernières semaines, de plusieurs membres de la coalition à Kindu.
La question dépasse largement Kinshasa. Guinée, Côte d'Ivoire, Congo-Brazzaville, Rwanda : la dernière décennie africaine est jonchée de constitutions retouchées pour prolonger un pouvoir en place. Chaque marche comme celle-ci teste si la rue peut encore peser face à cette tentation.
Une génération plus loin, l'histoire retiendra soit que la RDC a résisté à la tentation du mandat perpétuel, soit qu'elle a rejoint la longue liste des occasions manquées du continent.
Une marche pacifique suffit-elle encore à arrêter une révision constitutionnelle en Afrique aujourd'hui ?
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