Réunis le 28 septembre à Kinshasa, les experts de l'Institut national de santé publique notent un ralentissement de l'épidémie d'Ebola, pendant que le choléra continue de gagner du terrain dans plusieurs provinces.
Publié le 30 septembre 2026 à 09:01 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 20:08

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Un chiffre en dit parfois plus que dix communiqués officiels : le taux de reproduction du virus Ebola est passé sous la barre de 1 en République démocratique du Congo. Un signal que les épidémiologistes attendaient depuis des mois.
Réunis le 28 septembre à Kinshasa pour leur point hebdomadaire, les experts de l'Institut national de santé publique (INSP), sous la direction du docteur Dieudonné Mwamba Kazadi, ont dressé un bilan contrasté, rapporte le site d'information Mediacongo.net.
Plus de 8 000 cas cumulés et 3 900 décès, soit un taux de létalité de 48,4 %, touchent désormais 63 zones de santé réparties sur sept provinces. Mais le suivi des contacts atteint 75 %, et le taux de reproduction sous 1 constitue un signal indiquant un changement dans la dynamique épidémique, a précisé le docteur Mwamba Kazadi.
Pendant ce temps, le choléra progresse, avec environ 2 300 cas recensés en une semaine et une vigilance accrue autour de la province de la Tshuapa après la détection de cas suspects à bord d'un navire venu de Kinshasa. La rougeole, elle, recule de 16 % sur la même période, selon les données de l'Institut.
Ce grand écart entre une épidémie qui recule sous les projecteurs et une autre qui avance dans l'ombre n'est pas propre au Congo. L'Organisation mondiale de la santé alerte régulièrement sur cette dynamique à l'échelle du continent, quand toute l'attention se concentre sur la maladie la plus médiatisée, les systèmes de santé locaux peinent à financer la riposte contre celles qui tuent plus discrètement.
D'ici 2050, la résilience sanitaire de l'Afrique centrale se mesurera moins à sa capacité à éteindre un feu à la fois qu'à sa capacité à surveiller plusieurs fronts épidémiques en même temps, sans laisser filer celui que les caméras ont déjà oublié.
Combien de temps le choléra devra-t-il encore progresser avant d'obtenir, lui aussi, sa propre mobilisation nationale ?
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